
La Central Water Authority (CWA) traverse une période d’incertitude. Après la démission surprise de son chairman, Maneswar Peetumber, c’est désormais l’avenir du General Manager, Shyam Thanoo, qui suscite des interrogations, alors que son contrat arrive bientôt à terme.
Un chairman parti après quelques mois seulement
Maneswar Peetumber avait été nommé chairman à temps partiel de la CWA en février 2025, à la suite d’une décision du Conseil des ministres prise le 14 février 2025. Or, il y a deux semaines, il a soumis sa démission, évoquant des raisons professionnelles.
Selon certains bruits de couloir, le poste de chairman du conseil d’administration du Mauritius Institute of Education (MIE) lui aurait été promis. Ancien professeur d’anglais, il se serait retrouvé en difficulté et sous forte pression à la tête de la CWA, un poste éloigné de son domaine d’expertise. Pour plusieurs observateurs, il s’agirait là d’un énième cas de « wrong person in the wrong place ».
Une crise institutionnelle qui se profile ?
Au-delà du départ du chairman, c’est désormais la question de la stabilité institutionnelle de la CWA qui se pose. Pour plusieurs employés, la situation reste instable et sans direction claire, d’autant plus que le contrat de Shyam Thanoo, le General Manager, arrive à échéance très prochainement. Selon ces mêmes employés, Shyam Thanoo se dit lui-même incertain quant au renouvellement de son contrat. Une incertitude qui pèse sur l’ensemble de l’organisation.
La CWA semble, pour beaucoup, fonctionner en mode auto-pilote. Bien que présent, le GM serait distant : distant des projets – officiellement en raison du manque de budget – mais aussi de ces employés. Pas de réunions de management, pas de planification claire, et une certaine désorganisation dans le traitement des dossiers. Un climat de morosité et un manque de vision se seraient ainsi installés au sein de l’institution.
Heures supplémentaires impayées : la colère monte
Toujours selon les employés, les heures supplémentaires ne sont plus payées depuis plusieurs mois, ce qui suscite mécontentement et colère grandissante. En cause, selon eux : le manque de budget au niveau du département des finances.
Plusieurs contracteurs et prestataires de services se plaignent également d’être payés au compte-gouttes pour des travaux pourtant menés à terme.
L’affaire Madhoochandra Lobind continue de hanter la CWA
L’opinion interne reste également marquée par le cas de l’ingénieur M. Lobind, qui avait été licencié pour de « graves manquements à ses obligations professionnelles » dans le cadre du projet de construction du réservoir de Cluny, couvrant la période d’octobre 2021 à juin 2023.
Selon plusieurs employés de la CWA, l’ingénieur n’aurait reçu aucun soutien de Shyam Thanoo durant cette épreuve. Pour eux, il aurait été pris pour cible et licencié de manière injuste, suite a des directives strictes.
Cette affaire avait à l’époque vivement animé les discussions en interne. Un cas d’une telle rigueur – voire d’un acharnement présumé – serait rare dans les annales de la CWA. Depuis, la cote de Shyam Thanoo auprès des employés est restée au plus bas.
À quelques semaines de l’échéance du contrat du General Manager, l’avenir de la direction de la CWA reste flou. Entre un siège de chairman vacant, des employés mécontents et des prestataires impayés, l’institution chargée de la gestion de l’eau potable du pays se trouve à un véritable tournant.