
Le malaise s’intensifie à la Central Water Authority (CWA). Selon plusieurs sources internes, il ne s’agit plus uniquement d’un différend portant sur des allocations impayées. Les ingénieurs et une partie du personnel technique dénoncent aujourd’hui une véritable rupture de confiance avec le General Manager, Shyam Thanoo, estimant que leurs préoccupations ne sont plus entendues malgré les multiples démarches entreprises.
Le Scheme of Duty : la source des inquiétudes des ingénieurs
Les ingénieurs à la CWA se focalisent chaque jour sur la production, le traitement, le stockage et la distribution de l’eau potable à travers le pays. Toutefois, selon eux, leurs responsabilités se seraient progressivement élargies à des tâches qui ne relèvent pas de leur Scheme of Duty. Ils affirment être désormais sollicités pour assurer le suivi et l’entretien de nombreux sites de la CWA, des missions qu’ils estiment ne pas relever des attributions normales d’un ingénieur.
Selon nos informations, plusieurs installations de la CWA ne bénéficieraient plus de gardiennage permanent, favorisant ainsi des vols à répétition, des actes de vandalisme et des intrusions sur des infrastructures pourtant stratégiques. Les Reservoir Pumping Station Attendants (RPSA), chargés d’assurer une présence sur ces sites, affirment qu’ils seraient contraints de travailler dans des conditions ne répondant plus aux normes élémentaires de sécurité, de santé et de dignité au travail.
Nos différentes sources demandent qu’une enquête de terrain soit menée sur plusieurs stations de la CWA. Elles invitent les autorités compétentes ainsi que la presse à constater l’état réel des infrastructures et les conditions dans lesquelles les RPSA sont appelés à exercer leurs fonctions. La rédaction d’ION News a contacté le service de communication de l’organisme, mais ses appels et emails sont restés sans réponses. Selon nos informations, la dégradation de certains sites mettrait directement en péril la santé et la sécurité du personnel.
Notre rédaction a également reçu plusieurs photographies et vidéos montrant les conditions dans lesquelles se trouvent certains sites de la CWA. Les images, particulièrement saisissantes, soulèvent de sérieuses interrogations quant à l’état de ces infrastructures et aux conditions de travail du personnel qui y est affecté. Jusqu’ici la rédaction n’a pas décidé à mettre ces images dans le domaine public.
La crise se reflète également dans les départs enregistrés au sein de l’institution. Selon nos mêmes sources, une dizaine d’ingénieurs auraient quitté la CWA depuis le début de l’année. Pour cause : un manque de personnel, une surcharge de travail, une multiplication des astreintes ainsi qu’un profond sentiment de découragement. Pour ces employés, la perte de confiance envers la direction est aujourd’hui telle qu’elle pousse plusieurs professionnels expérimentés à quitter l’organisme.
Engineer Allowance toujours pas payée
Les ingénieurs se plaignent également du non-paiement de l’Engineer Allowance depuis le mois de janvier. À ce jour, disent-ils, cette allocation n’aurait toujours pas été versée. Plusieurs employés affirment que d’autres allocations, indemnités et heures supplémentaires accusent également d’importants retards de paiement, alimentant un profond sentiment de frustration au sein du personnel technique.
Selon ces mêmes sources, ces retards seraient liés à un manque de budget au sein du département des finances. Les difficultés ne toucheraient pas uniquement les employés. Plusieurs contracteurs et prestataires de services affirment également être payés au compte-gouttes pour des travaux pourtant achevés, une situation qui pourrait entraîner des répercussions sur l’exécution de certains projets et sur les relations entre la CWA et ses partenaires.
Un appel au Chairman et au ministre de tutelle
Face à ce climat de plus en plus tendu, plusieurs employés lancent un appel au nouveau Chairman de la CWA ainsi qu’au ministre de l’Énergie et des services publics. Ils demandent une intervention urgente afin de rétablir le dialogue social, régulariser les paiements en souffrance, renforcer les effectifs et restaurer un climat de confiance au sein de l’institution.
Les ingénieurs en question affirment qu’ils privilégient la voie du dialogue et de la concertation. C’est ainsi qu’une première réunion s’est tenue le 6 juillet dernier entre les ingénieurs, à l’issue de laquelle une lettre a été adressée au directeur général afin de lui faire part de leurs préoccupations. Une réponse à cette lettre est toujours attendue. Toutefois, en l’absence d’avancées concrètes dans les prochaines semaines, des discussions seraient déjà en cours au sein du syndicat concernant le déclenchement éventuel d’un mouvement de « go-slow », comme nous l’avions déjà révélé dans une précédente publication.
Pour plusieurs employés, la CWA se trouve aujourd’hui à un tournant. Ils estiment qu’une intervention rapide du Chairman et du ministre de l’Énergie et des services publics est indispensable afin d’apaiser les tensions et d’apporter des réponses concrètes aux revendications du personnel. À défaut, préviennent-ils, le conflit s’accentuera.
ION News a tenté de joindre la CWA à plusieurs reprises par téléphone et par mail, sans toutefois obtenir de réponse. Au moment de la publication, aucune réponse n’était parvenue à la rédaction. ION News reste disposée à publier les précisions des responsables de la CWA et leur version des faits dès qu’elles parviendront à la rédaction.