
Le secteur du cacao ivoirien traverse une zone de turbulences sans précédent avec l’annonce, ce mercredi 4 mars 2026, d’une réduction drastique du prix d’achat garanti aux producteurs. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Koné, a officialisé la fixation du prix à 1 200 francs CFA (1,82 euros) le kilogramme pour la campagne intermédiaire, marquant une rupture brutale avec le tarif record de 2 800 francs CFA en vigueur depuis octobre dernier. Cette baisse de plus de 57 % s’inscrit dans un contexte de retournement brutal des marchés internationaux où les cours mondiaux ont dévissé de près de 70 % en quelques mois. L’effondrement des prix à Londres et New York, conjugué à une demande mondiale atone, a contraint le gouvernement d’Abidjan à ce réajustement douloureux pour éviter un déséquilibre financier total de la filière, pilier central de l’économie nationale.
La situation est exacerbée par une crise de surstockage massive, le pays faisant face à plus de 100 000 tonnes de fèves invendues bloquées dans les coopératives et les ports. Pour tenter de désengorger le circuit commercial et restaurer un minimum de liquidités chez les acteurs ruraux, l’État a mobilisé un plan d’urgence de plus de 230 milliards de francs CFA destiné à racheter les stocks résiduels. Malgré ces mesures de soutien, l’inquiétude grandit dans les zones de production où les planteurs, déjà fragilisés par des retards de paiement, voient leurs revenus fondre alors que les coûts de production restent élevés. Le régulateur, le Conseil Café Cacao, a néanmoins insisté sur le fait qu’aucune décote supplémentaire ne serait tolérée, rappelant que tout achat en dessous de ce nouveau prix plancher est strictement prohibé afin de préserver le peu de pouvoir d’achat restant aux communautés agricoles.
Source : France 24