Lorsque la Corée du Sud a dévoilé sa liste pour la Coupe du monde 2026, un nom a particulièrement retenu l’attention, et au-delà de celui des stars : Jens Castrop. À 22 ans, le milieu de terrain né à Düsseldorf est devenu le premier joueur né à l’étranger et issu d’un double héritage à être retenu avec les Taegeuk Warriors pour une compétition officielle. Une petite révolution pour une sélection historiquement attachée à ses talents formés au pays et qui ouvre une nouvelle page de son histoire.

Né en 2003 en Allemagne d’une mère coréenne et d’un père allemand, Castrop a grandi au sein de l’importante communauté coréenne de Düsseldorf. Formé à la Fortuna Düsseldorf puis révélé au FC Nuremberg, il a franchi un cap en rejoignant le Borussia Mönchengladbach en 2025. Présenté comme un milieu moderne, capable d’évoluer dans l’axe comme sur un côté, il s’est rapidement fait remarquer par son activité et sa qualité technique, avec 3 buts et une passe décisive en 26 rencontres de Bundesliga.

Longtemps international allemand chez les jeunes, de la sélection U16 jusqu’aux Espoirs, Castrop semblait promis à poursuivre son aventure sous les couleurs de la Mannschaft. Mais à l’été 2025, le joueur a décidé de changer d’allégeance sportive pour représenter le pays de sa mère. Un choix mûrement réfléchi qui a immédiatement séduit le sélectionneur Hong Myung-bo. « Bien qu’il soit jeune, c’est un joueur qui a constamment progressé et gagné en expérience en Bundesliga. Je valorise surtout sa volonté et son sens des responsabilités pour rejoindre notre équipe nationale », expliquait alors le technicien sud-coréen, heureux de le voir arriver.

« J’ai toujours su que j’étais Coréen. Les supporters m’ont très bien accepté, c’est un autre monde. J’ai été traité comme un Coréen à 100 % dans l’équipe, ils ont vu le feu dans mes yeux », a-t-il récemment confié sur son choix d’avoir changé de sélection. Une intégration rapide qui s’explique aussi par son état d’esprit, apprécié par les supporters et la presse locale. Dans une sélection qui s’appuie toujours sur des cadres comme Son Heung-min, Kim Min-jae ou Lee Kang-in, Castrop apporte une énergie nouvelle et une polyvalence précieuse et refuse d’évoquer son choix de rejoindre la Corée par opportunisme pur. « C’était une décision très difficile. Mais je pense que dans ce genre de choix dans la vie, il faut écouter son cœur. Et mon cœur m’a dit que je voulais jouer pour la Corée. J’ai toujours su que j’étais coréen. Je ne me suis jamais senti comme un Allemand ordinaire », expliquait-il.

Sélectionné pour la première fois en septembre 2025, Jens Castrop n’a pas encore été décisif, mais s’est imposé dans le onze sud-coréen après maintenant neuf sélections. Très bien accueilli par les coéquipiers et les supporters, son profil jugé « européen » par la presse locale apporte un plus dans l’effectif sud-coréen et il représente aussi un peu d’avenir dans un effectif assez expérimenté. Aux côtés des stars Heung-min Son, Kang-in Lee et Kim Min-jae, Jens Castrop va devoir se trouver une place pour emmener la Corée du Sud loin dans la compétition. Et cela passera d’abord par une belle performance contre la Tchéquie, le 12 juin.

Source : Foot Mercato