
À quelques jours de la présentation du Budget 2026-2027, plusieurs indicateurs macroéconomiques mettent en évidence les défis auxquels le gouvernement devra faire face. Inflation persistante, hausse de la dette publique et ralentissement de la croissance économique figurent parmi les principaux dossiers qui devraient retenir l’attention du ministre des Finances.
Face à la montée des pressions inflationnistes, le Monetary Policy Committee (MPC) de la Banque de Maurice a décidé, à l’unanimité, de relever le taux directeur de 25 points de base. Celui-ci passe ainsi de 4,50 % à 4,75 % par an.
Cette décision intervient dans un contexte international marqué par une forte incertitude économique. Selon le MPC, l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz ont perturbé les chaînes d’approvisionnement énergétique mondiales, entraînant une hausse des prix des matières premières, des coûts du transport maritime et une détérioration de la confiance des investisseurs.
Dans son scénario de référence, qui repose sur une résolution du conflit et la réouverture du détroit d’Ormuz d’ici la fin du premier semestre 2026, la Banque de Maurice prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 2,8 % pour l’année. Cette estimation est inférieure aux précédentes projections, qui tablaient sur une croissance comprise entre 3,3 % et 3,5 %.
Les perspectives inflationnistes demeurent également préoccupantes. La Banque de Maurice estime que l’inflation globale devrait atteindre en moyenne 5,5 % en 2026, sous l’effet notamment de la hausse des prix de l’énergie, de l’augmentation des coûts du transport et des pressions inflationnistes importées.
Parallèlement, la dette publique continue de progresser. À la fin de mars 2026, elle était estimée à Rs 675,4 milliards, contre Rs 661,1 milliards à la fin de décembre 2025. Cette augmentation est principalement attribuable à l’accroissement de l’endettement de l’État ainsi qu’à celui de certains organismes parapublics, notamment le Central Electricity Board (CEB) et la State Trading Corporation (STC), confrontés à la flambée des prix pétroliers et à des besoins accrus en devises étrangères.
Les autorités s’attendent d’ailleurs à ce que le niveau de la dette publique dépasse les prévisions établies pour l’exercice financier 2025-2026, en raison des répercussions économiques liées aux tensions géopolitiques internationales et au conflit au Moyen-Orient.
Sur le front des prix, l’inflation sur les douze mois se terminant en avril 2026 s’est établie à 4,2 %. L’inflation annuelle est passée de 2,7 % en mars à 3,6 % en avril 2026. Les indicateurs d’inflation sous-jacente ont également accéléré : le Core 1 a atteint 5,5 % et le Core 2, 6,1 %, contre respectivement 4,2 % et 5,5 % le mois précédent.
L’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 1,3 % entre mars et avril 2026, passant de 109,6 à 111,0 points. Cette hausse est principalement attribuable à l’augmentation du prix du pain et de l’essence, qui ont chacun contribué pour 0,3 point à la progression de l’indice.
À l’approche du Budget, ces indicateurs témoignent d’un environnement économique plus complexe que prévu, où la maîtrise de l’inflation, la gestion de l’endettement public et le soutien à la croissance devront être conciliés dans un contexte international toujours marqué par de fortes incertitudes.

