Du nouveau concernant les erreurs de chiffres dans le Budget 2026-2027 ? Au Parlement, ce jeudi 25 juin, le Premier ministre Navin Ramgoolam a affirmé qu’un « technical issue » aux pages 558-559 avait été « updated ». Cela survient dans le sillage de la controverse nationale qui dure depuis vendredi dernier autour de la réforme de la pension. Ainsi, trois noms sortent du lot : Ashok Prayag, président du comité d’experts sur les pensions, Gilbert Gnany, Chief Economic Advisor du Premier ministre, et Anandsing Acharuz, Financial Secretary.

Le Premier ministre a, une fois de plus, apporté son soutien à ces techniciens qui ont provoqué la colère de nombreux citoyens et membres du gouvernement. Ashok Subron s’est ainsi montré très critique envers la « clique » de non-élus qui, selon lui, influencent grandement les décisions importantes du Premier ministre et du Junior Minister aux Finances. Ces trois techniciens verraient leur responsabilité engagée à la suite de la vive contestation populaire suscitée par cette réforme, qui prévoyait notamment de soumettre l’octroi de la pension à un « means test ».

Climat de confiance détérioré
La confiance a peu à peu diminué parmi le public. Le scepticisme a ensuite gagné les bancs de la majorité parlementaire au moment où le ministre des Finances détaillait les mesures du Budget 2026-2027, comme en témoignaient les réactions observées dans l’hémicycle. Face à l’ampleur de la polémique et aux incompréhensions de membres du gouvernement, Navin Ramgoolam a finalement été contraint de geler la mesure phare de la réforme. Selon des sources proches du dossier, le Premier ministre aurait très mal vécu cet épisode et chercherait désormais à situer les responsabilités. Il s’est montré nerveux lors de la PNQ de ce jeudi, contrairement à son habitude, s’en prenant à Adrien Duval avec colère.

Gilbert Gnany conserve la confiance du Premier ministre. Ashok Prayag et Dhaneshwar Damry seraient ceux mis en cause par de nombreux élus. Le Financial Secretary Anandsing Acharuz est lui aussi pointé du doigt. Le « technical issue » de la page 558 est amèrement souligné. Ces incohérences auraient alimenté des spéculations et fragilisé davantage la communication gouvernementale. Dans ce contexte, Anandsing Acharuz pourrait être appelé à s’expliquer sur les écarts constatés entre les prévisions initiales et les chiffres révisés figurant dans les documents budgétaires officiels.

Les Prayag
Le cas d’Ashok Prayag apparaît tout aussi délicat. Critiqué publiquement par le ministre de l’Intégration sociale, de la sécurité sociale et de la solidarité nationale, Ashok Subron, et fortement remis en cause dans le débat public, il aurait également été recadré par le Premier ministre. Il sera appelé à revoir certaines recommandations du comité, selon les directives de Navin Ramgoolam, avant la présentation de son rapport final. Les échos parvenus de ce comité montrent que le rapport intérimaire n’avait pas fait l’unanimité. Certains auraient plaidé pour un assouplissement de plusieurs propositions afin de les rendre socialement plus acceptables, mais ces suggestions auraient été écartées par le président du comité.

Des membres du gouvernement s’interrogent sur Touria Prayag, responsable de la communication au Prime Minister’s Office et épouse d’Ashok Prayag. À une question de Joe Lesjongard sur un éventuel conflit d’intérêts, le Premier ministre a répondu : « This is a small country… Everybody has a conflict of interest. »

Gel du « means test » et de la proposition finale
Avec le gel du « means test », toutes les personnes âgées de plus de 65 ans, quel que soit leur revenu mensuel, auront droit à une pension pleine de l’État. Cela coûterait plus de Rs 10 milliards supplémentaires au Trésor public, ce qui ferait passer le déficit budgétaire de 3,7 % à 5 % du Produit intérieur brut (PIB) pour 2026-2027.