
Le Budget 2026-2027 renforce sa politique de taxation des produits sucrés. Le droit d’accise sur le sucre passe de 12 cents à 15 cents par gramme de sucre, tandis que la liste des produits concernés sera élargie à partir du 1er octobre 2026. Aux boissons et produits déjà visés s’ajouteront ainsi bonbons, gelées de fruits, confitures, fruits cristallisés, biscuits, gaufres, gaufrettes et chewing-gum, entra autres. Dans le même temps, les petites quantités importées pour un usage personnel, comme des chocolats reçus en cadeau ou transportés dans les bagages d’un voyageur, resteront exemptées. À travers ces mesures, le gouvernement poursuit un objectif clair : réduire la consommation excessive de sucre en utilisant la fiscalité comme levier d’action.
Une taxe qui s’étend à davantage de produits
L’une des principales nouveautés du Budget réside dans l’élargissement du champ d’application de la taxe. Alors que les produits sucrés étaient déjà soumis à un droit d’accise, le gouvernement choisit désormais d’étendre cette approche à une gamme plus large d’aliments transformés. Cette décision traduit une volonté de tenir compte des différentes sources de sucre présentes dans l’alimentation quotidienne. Toutefois, une question demeure : jusqu’où la fiscalité peut-elle influencer les choix alimentaires des consommateurs ?
Changer les habitudes ou augmenter les prix ?
L’objectif recherché semble être d’encourager une consommation plus modérée des produits riches en sucre. Cependant, l’impact réel de la mesure dépendra largement du comportement des consommateurs. Certains pourraient choisir de réduire leurs achats ou de se tourner vers des alternatives moins sucrées. D’autres pourraient continuer à consommer les mêmes produits malgré la hausse des prix. La question est d’autant plus importante que les habitudes alimentaires se construisent souvent sur le long terme et sont influencées par plusieurs facteurs, notamment les préférences individuelles, les habitudes familiales et l’offre disponible sur le marché.
Quel impact sur les fabricants ?
Cette mesure pourrait également entraîner des conséquences pour les producteurs et importateurs. Comme le droit d’accise est calculé en fonction de la teneur en sucre, certaines entreprises pourraient être encouragées à revoir la composition de leurs produits afin de limiter l’impact fiscal et de maintenir des prix compétitifs. Reste à savoir dans quelle mesure les fabricants adapteront effectivement leurs recettes ou choisiront plutôt de répercuter les coûts supplémentaires sur les consommateurs.
La fiscalité peut-elle suffire ?
Le Budget mise sur la fiscalité pour encourager des comportements alimentaires plus sains. Toutefois, la réussite d’une telle stratégie dépend souvent d’un ensemble de facteurs plus larges. L’information des consommateurs, l’éducation nutritionnelle, la disponibilité d’alternatives et les habitudes de consommation jouent également un rôle important dans l’évolution des comportements alimentaires.
Le renforcement de la taxe sur les produits sucrés marque ainsi une nouvelle étape dans l’utilisation de la fiscalité comme outil de santé publique. Reste à déterminer si cette mesure se traduira principalement par une baisse de la consommation de sucre ou par une hausse du coût de certains produits pour les consommateurs.

