
« You can’t go back and change the beginning but you can start where you are and change the ending. » C’est par cette citation de Clive Lewis que le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, a ouvert la présentation du Budget 2026-2027 le vendredi 19 juin. « Malgré les contraintes liées à l’assainissement budgétaire, j’augmente de Rs 2,6 milliards les budgets combinés alloués au ministère de l’Éducation et des ressources humaines et au ministère de l’Enseignement supérieur, des sciences et de la recherche », a annoncé ce dernier. Parmi les mesures phares, une dotation spécifique de Rs 10 millions est débloquée pour lancer une campagne nationale de lutte contre le harcèlement scolaire dans tous les établissements de l’île.
Le plan d’investissement sectoriel prévoit également Rs 133 millions pour l’achat de manuels et de matériels pédagogiques, l’ouverture de trois nouveaux centres de formation multisectoriels de l’MITD pour le Foundation Programme (Grades 7 à 9), ainsi qu’une hausse du budget destiné aux apprenants ayant des besoins éducatifs spéciaux (SEN), qui passe de Rs 562 millions à Rs 619 millions soit une progression de 10,1 %. Qu’en est-il de l’application concrète de ces annonces ? Notamment l’enveloppe de Rs 10 millions dédiée à la campagne nationale contre le harcèlement. Elle doit couvrir quelque 320 écoles primaires et 180 collèges que compte Maurice. Ce montant représente ainsi une moyenne d’environ Rs 20 000 par établissement. Une somme qui limite les interventions à des actions principalement de sensibilisation.
L’enveloppe globale de l’éducation augmente de Rs 2,6 milliards. Une part significative de cette hausse est automatiquement absorbée par les coûts d’exploitation incompressibles liés à l’inflation sous-jacente. Selon la circulaire budgétaire 2026-2027 du ministère des Finances, le budget réajusté intègre l’alignement salarial et le paiement des compensations du rapport du Pay Research Bureau (PRB) 2026 (dont l’application graduelle est prévue à hauteur de 50 % de juillet à décembre 2026, puis à 100 % à partir de janvier 2027). Par conséquent, la croissance nette allouée aux nouveaux projets d’infrastructure pédagogique reste restreinte par le poids des charges salariales réindexées, qui représentent plus de 70 % des dépenses courantes du ministère.

