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  1. Les personnes en crise suicidaire ont choisi de se donner la mort

Faux:

  • Une personne qui a des comportements suicidaires ne veut pas mourir, mais arrêter de souffrir.
  • Lorsque la souffrance devient insupportable, le suicide est perçu comme l’unique solution pour arrêter d’avoir mal.
  • Le suicide ne résulte pas vraiment d’un choix mais d’un manque de solutions pour se sentir mieux.
  • Offrir une écoute et un soutien à une personne en souffrance lui permet de se sentir moins seul.e et réduit le risque suicidaire.

 

  1. Lorsqu’une personne de la famille meurt par suicide, les membres de la famille deviennent plus à risque

Faux

  • Le suicide n’est pas héréditaire.
  • Quand une personne de la famille se donne la mort par suicide c’est un événement traumatique qui peut provoquer divers sentiments : déni, peur, honte, culpabilité, tristesse, colère.
  • Il importe de pouvoir parler aux enfants de cet événement traumatique en utilisant des mots appropriés (selon leur âge), et d’être attentif.ve à leur ressentis/pensées/comportements.
  • Les familles endeuillées par suicide ont besoin d’être aidées et soutenues par des professionnels.les de la santé mentale. Ex: groupe de parole, thérapie individuelle.

 

  1. Parler du suicide avec une personne en souffrance peut inciter à l’action.

Faux

  • Toutes les recherches démontrent le contraire. Il n’existe aucun risque d’inciter une personne suicidaire à passer à l’acte en parlant ouvertement du suicide avec elle.
  • Le suicide est un sujet douloureux/délicat dont on parle difficilement.
  • Et c’est en parlant du suicide qu’on peut arriver à le démystifier et parvenir à aider une personne en souffrance.
  • Il importe juste de faire attention de quelle manière nous le faisons et dans quelles conditions.
  • Bien au contraire, demander à une personne s’il.elle pense au suicide ne l’incite pas à le faire mais lui permet de partager sa souffrance, l’aide à se sentir écouté.e et validé.e dans ce qu’il.elle vit et diminue le fait de se sentir seul.e.

 

  1. Le suicide est un geste impulsif qui survient sans avertissement 

Faux

  • Le suicide est rarement un geste impulsif, mais l’aboutissement d’un processus.
  • 8 personnes sur 10 donnent des signes précurseurs de leurs intentions ou en parlent avant de faire une tentative de suicide . Ex: Une personne qui dit «Ça ne sert plus à rien de se battre», une personne qui soudainement distribue ses effets personnels etc
  • Ces signes peuvent être verbaux, non-verbaux, comportements ou affectifs.
  • Il faut toujours prendre au sérieux les verbalisations suicidaires, et en parler avec la personne. Ex: «Vous serez mieux sans moi, je suis un fardeau pour vous tous».
  • Demander à la personne si elle pense à se donner la mort ex: «As tu pensé à te donner la mort?» Cela permet à la personne d’en parler ouvertement. Ne pas hésiter à demander de l’aide si nous ne pouvons/sentons pas de le faire.
  • Si, le risque suicidaire est élevé (la personne peut dire où, comment et quand il.elle le fera) réduire au maximum l’accès à différentes méthodes à la maison aide (ex: pesticides, javel, médicaments, etc.).

 

  1. L’amélioration à la suite d’une crise/tentative de suicide signifie que la personne n’est plus à risque  

Faux

  • Il est inhabituel d’observer une amélioration subite après une crise/tentative de suicide.
  • Une tentative de suicide antérieure constitue en soi le facteur de risque de suicide le plus important.
  • Il est impératif que la personne qui a tenté de se suicider bénéficie d’un suivi auprès des professionnels qui connaissent cette problématique (médicale et psychologique), la personne étant à risque pour les 12 prochains mois suivant la tentative.
  • Renforcer/Étoffer le réseau social de la personne afin que tous.tes soient vigilants.es et demandent à la personne qui aurait fait une tentative de suicide comment il.elle se sent.

 

  1. Il faut être courageux ou lâche pour se suicider.

  Faux

  • Il n’y a ni courage, ni lâcheté chez une personne qui veut se donner la mort, mais une souffrance intolérable et un grand sentiment de désespoir.
  • Parler de courage risque de valoriser l’acte, ce qui peut être dangereux vis-à-vis des personnes vulnérables.
  • En revanche, parler de lâcheté c’est stigmatiser la personne qui a des comportements suicidaires.

 

  1. Suicidaire un jour, suicidaire toujours

  Faux

  • Tout comportement suicidaire empêché ou retardé peut à raison de 50% ne pas se reproduire si la personne reçoit une aide appropriée.
  • Une personne peut avoir des comportements suicidaires chroniques, mais s’il.elle bénéficie d’une aide appropriée (médicale et psychologique), il.elle peut développer d’autres stratégies pour affronter ses difficultés/souffrances.

 

  1. Les personnes qui se suicident souffrent souvent d’un trouble de santé mentale

Vrai

  • Il n’existe pas un seul facteur à risque qui serait à la source d’une tentative de suicide/suicide complété. ex: rupture d’un.e petit.e ami.e
  • 80% des personnes avec des comportements suicidaires souffrent d’un trouble de santé mentale (ex : dépression, trouble d’addiction, angoisse, boulimie, anorexie, comportements agressifs etc). C’est un des facteurs à risque le plus important.
  • Il existe aussi plusieurs autres facteurs à risques (psychologiques, sociaux,  familiaux, biologiques, socio-culturels, scolaires)
  • Être victime de ‘bullying/cyberbullying’, d’abus sexuels ou être homosexuel.le est fortement corrélée aux tentatives de suicide.

 

  1. Penser au suicide, ça peut arriver à tout le monde

Vrai

  • Dans la recherche de solutions face à une souffrance/trauma, l’idée de se donner la mort peut traverser l’esprit d’une personne sans pour autant l’amener à élaborer un plan et le mettre à exécution.
  • Avoir des pensées suicidaires fréquentes (ex: plusieurs fois par jour) est un signe qu’une personne a besoin d’aide et de soutien pour pouvoir élaborer d’autres solutions.

 

Emilie Duval. Docteure en Psychologie Clinique

Directrice de Projet dans le Domaine de la Psychologie, AIHD.

Membre du Kolektif Drwa Zanfan Morisien (KDZM)

Membre de la Societé des Professionnels en Psychologie, Ile Maurice

 

Bibliographie

  1. Choquet, M. , Pommereau X., Lagadic, C. (2001). Les élèves à l’infirmerie scolaire: identification et orientation des jeunes à haut risque suicidaire. Enquête réalisée auprès de 21 établissements scolaires du département de la Gironde, à la demande de la Direction générale de la Santé, Paris : Inserm
  2. Joiner,  T; Brown, J & Wingate, L. (2005). The psychology and neurobiology of suicidal behaviour.AnnualReview Psychology, 56, 287-314.
  1. Le décès inopiné ou le décès par suicide d’un membre de la communauté scolaire (2017). prevention-suicide.lu/guide/postvention-ecole
  1. Mishara, B et Tousignant, M. (2004). Comprendre le suicide. Montréal :   Les Presses de l’Université de Montréal
  2. Pommereau, X. (2005).L’adolescent suicidaire. Dunod, Paris.
  3. Seguin, M et al. (2003). Programme de postvention en milieu scolaire. Stratégies d’interventions à la suite d’un suicide. Université du Québec en Outaouais.

 

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