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« … quiconque sauve une vie,  c’est comme s’il a sauvé l’humanité entière… » (Le Coran 5:32)

Cette parole, référence à ce que Dieu avait prescrit aux enfants d’Israël, nous rappelle tout le sens de notre lutte contre le coronavirus. Il ne faut pas seulement faire les gestes qui comptent, comme se laver les mains, mais aussi dire des paroles justes et demeurer serein face à la menace. A l’heure où nous célébrons notre indépendance, cette épreuve ne peut que nous ramener, en toute humilité, à notre interdépendance. Voire, paradoxalement, à la réalisation de notre état réel : Nous sommes dépendants. Tout sauf indépendants.

Ma grand-mère se souvient de la grippe dite espagnole qui nous frappa en 1919. Comme toutes les familles affectées, la quarantaine leur avait été imposée. Son père y laissa la vie. Tout comme quelques 10 000 autres personnes à Maurice en l’espace de quelques mois. Les morts étaient souvent enterrés dans des fosses communes. La pandémie allait faire plus de 50 millions de victimes dans le monde. Les séquelles de la Grande Guerre et l’absence de politiques et de mesures de santé efficaces n’avaient pas permis d’éviter la catastrophe. Avec la médecine moderne, sommes-nous pour autant à l’abri aujourd’hui?

Bloquer l’accès

Le constat est que nous ne pouvons dépendre d’une médecine sujette à une économie dominante profondément injuste. Pour l’heure, il n’y a pas de vaccin. Lorsqu’il y en aura un, dans au moins un an, il faudra déterminer s’il sera encore possible de vacciner des millions de gens à travers le monde. Qui aura alors la priorité du traitement et à quel coût?

La prévention demeure donc la première stratégie. Or, cela implique obligatoirement une prise de conscience sur notre intime interdépendance. La règle d’or demeure cet enseignement prophétique « Si une épidémie se déclare dans un endroit où vous êtes, n’en sortez pas pour la fuir ; et si vous entendez qu’elle s’est déclarée dans un endroit, ne vous y rendez pas».

Vu l’ampleur du coronavirus qui touche à ce jour 148 pays et territoires – jusqu’à l’ile sœur – une mesure de précaution raisonnable serait de bloquer temporairement l’accès au pays. Mais aussi le départ vers l’étranger de personnes qui ne sont pas soumises à une quarantaine. Certes, il n’y a pas de cas connus à Maurice aujourd’hui, mais c’est une raison de plus pour agir pro-activement. Le commerce des marchandises, par contre, pourra se faire comme le déplacement exceptionnel de ceux confirmés non-porteurs du virus suite à une quarantaine.

Solidarité de proximité

Le commerce international est un autre secteur qui nous rappelle notre dépendance. Nous importons beaucoup plus que nous n’exportons. Y compris tout ce qui nous est essentiel, des produits pétroliers à la nourriture en passant par les médicaments et les matières premières.

Le déficit commercial et la dette nationale atteignent des records. Et dire qu’au temps de notre indépendance en 1968, nous étions moins dépendants de l’étranger. Que ce soit en sources d’énergies qu’en production alimentaire. A l’époque, faute de mazout, des véhicules roulaient à ce que nous appelons maintenant le bioéthanol et beaucoup de familles avaient un potager à l’arrière-cour. Mais elles avaient surtout la main sur le cœur, remplies de sincérité et de générosité. Ce qui les incitait à partager le peu de ce qu’elles avaient avec leurs voisins, souvent de communautés différentes.

Malheureusement, après 52 années d’indépendance, il y a davantage de matérialisme et d’individualisme, pour ne pas dire d’égoïsme, dans notre société. N’attendons pas que notre prochain nous offre un masque contre le coronavirus. Les temples de notre société de consommation comme les usines de distribution de produits chimiques que sont nos supermarchés et nos pharmacies, respectivement, ont déjà été pris d’assaut depuis le début de la pandémie. Toutefois, il se peut que l’épreuve du coronavirus soit une occasion pour éveiller la conscience qui sommeille en nous…

Conscientisation

Si l’usage de masques est bénéfique, il n’y a pas lieu de déclencher des émeutes dans le but de s’en procurer car il n’y en aura pas pour tous. Le personnel médical et ceux en contact régulier avec des personnes malades ou contaminées doivent en avoir en priorité. Au même titre que les malades eux-mêmes.

Mais que sait l’homme de la rue des différents types de masques et leur efficacité? Trop dépendre des masques, surtout lorsque nous ne savons pas comment les utiliser, est une erreur. Si l’hygiène personnelle est plus que jamais préconisée, il ne faut pas perdre de vue la nécessité de conscientiser les gens sur les moyens à leur disposition pour booster leur système immunitaire. Car force est de constater que l’alimentation industrielle et le fast-food n’aident nullement à faire cela.

Revenir à de bonnes habitudes alimentaires, privilégiant les épices, les grains secs, les fruits et les légumes organiques avec des repas bien cuits, faits maison si possible, peut nous protéger. Nous avons besoin de la nature beaucoup plus qu’elle n’a besoin de nous.

Dire que le coronavirus est une malédiction divine – ou ne l’est pas – revient à s’exprimer à la place de Dieu. Par contre nous avons la responsabilité, devant Dieu, de tout faire pour nous protéger et protéger les autres de toute contamination.

La panique s’installe lorsque nous tombons dans l’irrationnel et nous nous laissons gagner par la peur. Inévitablement, l’économie prend un sérieux coup quand nous voyons les compagnies aériennes suspendre leurs vols. Certains pour une durée indéterminée qui peut se prolonger sur plusieurs mois.

Les bourses s’affolent poussant d’autres à craindre un ralentissement de la croissance non seulement en Asie, mais dans le monde entier. Quand nous devenons ainsi obnubilés par l’argent, il y a lieu sans doute de parler de…malédiction. Malheur vraiment à ceux qui, face à une menace réelle sur nous tous, ne perçoivent le danger qu’en terme d’un manque à gagner financier. Si nous ajoutons à cela un sentiment xénophobe vis-à-vis d’ethnies et de leurs cultures prétendument inférieures, nous avons de quoi avoir honte de notre réaction si malheureuse.

Dépendre de l’internet, mais…

Dans ce contexte, il vaut mieux prendre conscience de notre interdépendance et comprendre qu’il n’y a que Dieu qui ne dépend de rien. La foi ou cette conscience exige de nous un engagement: Sauver chaque vie que nous pouvons avec tous les moyens que nous avons.

L’information est un droit et un outil incontournable dans la lutte contre le Covid-19. Toute rumeur mensongère est un crime. Nous dépendons beaucoup des médias comme des réseaux sociaux mais n’en faisons pas un instrument de psychose. Vérifions tout ce qui se dit. Se taire, sinon, au lieu de colporter des palabres.

S’il est vital d’éviter les foules et attroupements, il n’est pas non plus recommandé de se retrancher dans ce monde virtuel qu’est l’internet. Si les crèches, écoles, collèges et universités seront fermés, comme il faudra l’envisager si la situation se détériore, les cours pourront se poursuivre dans une certaine mesure en ligne.

Les enfants ont besoin de leurs parents. Le travail pourra se faire des fois à distance pour certains professionnels. Mais il ne faudra pas faire de la place que l’internet prend dans notre vie un obstacle à aider physiquement et personnellement les personnes qui dépendent de nous. Bien sûr en prenant toutes les précautions lorsque ces personnes ne sont pas dans les centres de quarantaine…

N’ayons pas peur, n’oublions jamais de nous couvrir la bouche lorsqu’il faut, même avec un tissu propre que nous pouvons utiliser comme masque. Dans notre maison et parmi notre entourage, prenons soin de ceux qui souffrent et qui attendent de nous attention, compassion et soutien.

La famille est fondée sur l’interdépendance. Les voisins dépendent les uns des autres. La dépendance des personnes âgées est, elle, toute particulière. Nous dépendons significativement du personnel et des services de santé. Ils doivent pouvoir dépendre sur nous aussi. Les institutions comme les instances régionales et internationales doivent agir ensemble et non se croire indépendantes.

Faisons de notre interdépendance une force…

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