
Une semaine après la présentation du Budget 2026-2027, le Police Fighters Union (PFU) maintient ses critiques. Lors d’une conférence de presse tenue mercredi à la municipalité de Port-Louis, ses dirigeants ont estimé que les mesures annoncées ne répondent ni aux attentes ni aux difficultés auxquelles sont confrontés les membres de la force policière.
Le président du syndicat, le Sub Inspector Satish Baljeewon, a affirmé que les policiers ont été laissés de côté dans les annonces budgétaires. Selon lui, plusieurs décisions contribuent à démotiver les effectifs, notamment la limitation de la Sunday Allowance à deux dimanches par mois et le non-paiement de certaines indemnités depuis près d’un an. Il a également déploré l’absence de mesures concernant les promotions au sein de la police.
Le syndicat évoque également un manque d’effectifs, qu’il estime à environ 2 000 policiers. D’après Satish Baljeewon, cette pénurie oblige de nombreux agents à assumer la charge de travail de deux à trois collègues. Le vice-président du PFU, l’ASP Rashid Warsally, a pour sa part mis l’accent sur la question de la rémunération. Selon lui, les salaires des policiers ne sont plus compétitifs. Il affirme que certains agents de sécurité du secteur privé perçoivent aujourd’hui une rémunération supérieure à celle des policiers, alors que ces derniers exercent des responsabilités plus importantes. Il a également rappelé que les policiers et les douaniers bénéficiaient autrefois d’une grille salariale comparable, avant que cet écart ne se creuse au fil des années. « Bizin sanz kondision servis ek baz reminerasion », a-t-il déclaré.
La réforme des pensions a également été abordée durant la conférence de presse. L’ASP Rashid Warsally estime que les changements annoncés risquent de créer des disparités entre les fonctionnaires. « Trouv bann lezot solision, pa tous nou pansion », a-t-il lancé, invitant le gouvernement à rechercher d’autres sources d’économies, notamment en s’attaquant au gaspillage relevé dans les rapports d’audit.
Le PFU est aussi revenu sur le projet de Disciplined Forces Academy. Selon le syndicat, ce projet est annoncé depuis plusieurs années avec des enveloppes budgétaires variant entre Rs 200 millions et Rs 250 millions, sans qu’il ne se concrétise. Interrogés sur l’accord de coopération logistique et militaire conclu entre Maurice et les États-Unis, les responsables du PFU ont affiché leur opposition à une éventuelle présence permanente de militaires américains sur le territoire mauricien. « On ne sera pas d’accord si l’armée américaine installe ses éléments sur notre sol, jamais ! », ont-ils déclaré.
Le syndicat a soulevé d’autres revendications, notamment concernant le régime d’assurance-maladie des policiers. Selon ses représentants, les certificats médicaux délivrés par des médecins du secteur privé ne sont pas reconnus par l’institution policière, une situation qu’ils jugent incohérente au regard de la couverture d’assurance dont bénéficient les membres de la force policière.