L’enquête sur la transaction Menlo Park a connu un nouveau rebondissement avec l’audition de Stéphane Adam par les enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID), le jeudi 18 juin dernier.
 
Lors de sa déposition, l’un des directeurs de Menlo Park Ltd a contesté l’authenticité de documents remis aux autorités par Kreeti Harrah, ancienne officer in charge de la Mauritius Investment Corporation (MIC), soutenant que certaines pièces versées au dossier auraient été modifiées avant d’être transmises à la police.
 
Au cœur des divergences figurent deux versions distinctes des procès-verbaux du conseil d’administration. Selon Stéphane Adam, le document remis aux enquêteurs le 10 décembre 2024 présenterait plusieurs anomalies : des observations attribuées à la présidente du conseil qui auraient été supprimées ou modifiées, et surtout une absence de signatures, qui interroge quant à l’authenticité de la pièce.
 
L’élément qu’il juge le plus accablant concerne un membre du conseil, identifié comme M. N.G. Dans le document contesté, ce dernier figurerait simultanément parmi les membres présents et absents — alors que, selon les vérifications produites devant les enquêteurs, il se trouvait à l’étranger le jour de la réunion. Une incohérence qu’Adam présente comme révélatrice des irrégularités qu’il dénonce.
 
Cette déposition vient percuter la version défendue publiquement par Rama Sithanen. L’ancien gouverneur de la Banque de Maurice avait affirmé, lors d’une conférence de presse, que la présidente du conseil n’avait jamais approuvé la transaction Menlo Park. Or, selon les documents que Stéphane Adam dit avoir déposés, les procès-verbaux originaux indiqueraient le contraire : la présidente, ainsi que d’autres membres, auraient bel et bien avalisé l’opération.
 
Reste la question qui pourrait devenir centrale : Kreeti Harrah a-t-elle agi seule ? On se souvient que dans un affidavit, le camp Adam soutient qu’elle aurait déposé plainte au CCID sous les instructions de Rama Sithanen, et qu’elle aurait elle-même affirmé ne pas connaître le contenu du dossier au moment de porter plainte. À ce stade, Rama Sithanen n’a pas ete entendue, ni Kreeti Harrah, selon les derniers recoupements d’information.
Selon nos informations, les enquêteurs du CCID s’achemineraient vers la clôture de cette phase de l’enquête cette semaine. Il leur reviendra de déterminer quels documents reflètent fidèlement les décisions prises au sein du conseil d’administration — et si certaines pièces ont été modifiées avant d’être versées au dossier. D’autres rebondissements ne sont pas à exclure.