L’accusation provisoire de complot en vue de commettre un blanchiment d’argent pesant sur David Jean Christian Thomas a pris une nouvelle tournure devant le tribunal de Mapou la semaine dernière. Son avocat, Me Arassen Kallee, affirme que les faits allégués n’ont aucun lien avec l’enquête visant l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga, dans laquelle son client n’aurait été entendu qu’en tant que témoin.

Selon les informations recuellis, David Thomas aurait, en mars 2025, conspiré avec d’autres personnes pour dissimuler des avoirs issus d’activités criminelles, en contournant le système informatique d’une banque. Le montant évoqué est colossal : 20 milliards de dollars américains, soit environ mille milliards de roupies.
Lors d’une précédente audience, le Chief Investigator de la Financial Crimes Commission (FCC), Khemraj Jokhoo, avait indiqué que plusieurs personnes avaient été arrêtées et que l’enquête était en voie d’être finalisée pour être soumise au Directeur des poursuites publiques (DPP). Mais pour Me Kallee, ces déclarations se rapportaient à l’enquête sur Mamy Ravatomanga, et non aux faits décrits dans l’accusation provisoire visant son client.

L’avocat a souligné en cour que dans le dossier Ravatomanga, plusieurs arrestations ont effectivement eu lieu, notamment celles de Nasser Bheekhy et d’un ancien assesseur de la FCC. David Thomas, selon les recoupements d’information, est uniquement un témoin dans cette affaire. On se souvient que son nom avait émergé après qu’il eut été conduit par Nasser Bheekhy à une rencontre avec Hassen Fakim, président du Central Electricity Board (CEB) qui s’est tenue à son domicile le 14 octobre 2025, en présence de l’homme d’affaires malgache Mamy.

Cela dans le cadre d’obtenir des renseignements sur une éventuelle arrestation de Mamy Ravatomanga. Dans cette réunion qui a eu lieu, il aurait eu des prises de contact et des appels téléphoniques avec certains interlocuteurs dont l’identité, est connue dans certains cercles.
Mais c’est sur un autre point que Me Kallee a concentré ses attaques lors de la dernière audience du 17 juin. Il a demandé à la FCC combien de personnes avaient été arrêtées relativement aux faits contenus dans l’accusation provisoire portant sur le supposé contournement du système informatique d’une banque.
La réponse de la FCC, selon la défense : aucune.

Pour Me Kallee, cette réponse est lourde de conséquences. Elle démontrerait que les arrestations évoquées précédemment concernent un autre dossier et que, dans l’affaire de blanchiment de 20 milliards de dollars imputée à son client, aucun autre suspect n’a été arrêté.
L’homme de loi va plus loin. Il affirme qu’à sa connaissance, aucune banque n’a rapporté avoir été victime d’un piratage ou d’une compromission informatique d’une telle ampleur.
Pour la défense, une question demeure : où est l’enquête sur les faits décrits dans l’accusation provisoire ?
Me Kallee soutient ainsi qu’il existe une confusion entre deux dossiers distincts : d’un côté, l’enquête sur Mamy Ravatomanga, dans laquelle son client n’aurait été qu’un témoin ; de l’autre, une accusation de blanchiment impliquant un prétendu piratage bancaire de 20 milliards de dollars, mais pour laquelle, selon lui, aucun autre suspect n’a été arrêté et aucune victime n’a été identifiée.

Même la Banque de Maurice ne serait pas au courant qu’une banque commerciale aurait vu son système bancaire contourné pour un montant aussi important. La question demeure entière. Cependant, il nous revient que David Thomas aurait identifié un protagoniste qui était présent à la rencontre du 14 octobre 2025. Les débats sur la motion réclamant la radiation de l’accusation provisoire sont fixés au 28 juillet prochain.