La réforme électorale ne fait pas partie des travaux qui seront confiés à la future Commission constitutionnelle. C’est ce qu’a soutenu le leader du Front Militant Progressiste (FMP), Paul Bérenger, lors des débats sur le Constitutional Review Commission Bill à l’Assemblée nationale, le mardi 2 juin 2026.

S’appuyant sur la décision du Cabinet du 24 avril dernier ainsi que sur le communiqué publié le même jour par le Prime Minister’s Office, Paul Bérenger a rappelé que la réforme électorale est exclue des termes de référence de la future Commission.

« Les termes en référence de la commission constitutionnelle n’incluent pas la réforme électorale, qui n’est donc pas devant la commission constitutionnelle que nous mettons sur pied », a-t-il déclaré.

Selon lui, la Commission constitutionnelle sera uniquement appelée à examiner des recommandations visant à améliorer le processus électoral ainsi qu’à renforcer l’indépendance et les pouvoirs de la Commission électorale et du Commissaire électoral.

« La commission constitutionnelle sera seulement appelée à traiter de recommandations visant à améliorer le electoral process », a-t-il souligné.

Pour Paul Bérenger, une véritable réforme électorale devrait comprendre plusieurs changements majeurs, notamment l’introduction d’une dose de représentation proportionnelle, la suppression de l’obligation faite aux candidats de déclarer leur communauté ainsi qu’une présence féminine adéquate au Parlement.

Il s’est toutefois montré peu optimiste quant à la mise en œuvre d’une telle réforme sous l’actuel gouvernement.

« Si elle se fait sous le gouvernement actuel, ce qui est, d’après moi, très improbable », a-t-il affirmé.

Un amendement de dernière minute

Paul Bérenger est également revenu sur un amendement de dernière minute aux termes de référence de la Commission constitutionnelle prévoyant que le président de la République soit élu par un collège électoral plutôt que par le Parlement.

Selon lui, cette proposition a donné lieu à des interprétations erronées.

« Cet amendement tardif a créé de la confusion », a-t-il déclaré.

Le leader du FMP a tenu à préciser que la proposition ne vise pas l’instauration d’une élection présidentielle au suffrage universel direct.

« On ne parle pas ici d’un président élu au suffrage universel, comme en France », a-t-il insisté.

Paul Bérenger a expliqué que le modèle évoqué se rapproche davantage de celui de l’Inde, où le président est élu par un collège électoral composé du Parlement national et des assemblées régionales. À Maurice, un tel système pourrait comprendre le Parlement ainsi que les élus régionaux.

Des réserves sur les nominations aux postes clés

Le leader du FMP a également exprimé des réserves concernant la création d’un Senior Officials Appointment Committee chargé de faire des recommandations au gouvernement pour la nomination des responsables des principales institutions publiques.

« Un Senior Officials Appointment Committee, qui ne ferait que des recommandations au gouvernement, ne changerait pas grand-chose », a-t-il estimé.

Paul Bérenger a rappelé avoir proposé une formule différente inspirée du modèle seychellois. Il a cité l’exemple du Constitutional Appointment Authority, une instance composée de cinq membres dont deux sont nommés par le président de la République, deux par le leader de l’opposition et un cinquième choisi par consensus.

Selon lui, cette autorité participe à la sélection de hauts responsables appelés à diriger plusieurs institutions stratégiques, notamment la Commission électorale, la Commission anticorruption, le bureau de l’Auditeur général et la Seychelles Broadcasting Corporation.

Un appel à la transparence

En guise de conclusion, le leader du FMP a plaidé pour la publication des conclusions de la future Commission constitutionnelle, « demandant au gouvernement de prendre l’engagement, ici et maintenant, de rendre public le rapport et les recommandations de la Commission constitutionnelle que nous mettons sur pied ».

Pour Paul Bérenger, la publication du rapport final et des recommandations de la Commission constituerait une garantie essentielle de transparence dans un exercice appelé à façonner l’évolution des institutions du pays.