
Le gouvernement veut tourner la page des dérives qui ont marqué le recrutement de travailleurs bangladais ces dernières années. Désormais, chaque demande de permis de travail fera l’objet de contrôles plus stricts, tandis que Maurice et le Bangladesh s’apprêtent à formaliser un nouveau protocole d’accord pour mieux encadrer le processus.
Le sujet a été abordé au Parlement mardi, lorsque le député Raviraj Beechook a interrogé le ministre du Travail, Reza Uteem, sur les mesures mises en place pour assainir le recrutement des travailleurs bangladais. Selon le ministre, le gouvernement privilégie désormais un recrutement « plus éthique » afin de limiter les abus observés dans le passé, notamment le recours à des intermédiaires et les frais parfois exorbitants imposés aux candidats.
Un accord en préparation avec le Bangladesh
En marge de la 114e session de la Conférence internationale du Travail à Genève, Reza Uteem s’est entretenu avec son homologue bangladais. Les discussions ont porté sur la mise en place d’un protocole d’accord entre les deux pays.
L’objectif est que les futurs travailleurs soient recrutés directement par les organismes publics compétents du Bangladesh, après une sélection officielle avant leur départ. Cette approche vise à réduire le rôle des intermédiaires privés et à mieux protéger les travailleurs migrants.
Pourquoi le recrutement avait-il été suspendu ?
Le ministre a rappelé qu’en 2023, le précédent gouvernement avait suspendu l’émission de nouveaux permis de travail pour les ressortissants bangladais. Cette décision faisait suite à un nombre important de travailleurs quittant leur employeur pour travailler illégalement ailleurs. Face aux pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, le recrutement a toutefois repris en septembre 2025, notamment pour la boulangerie, le textile et l’imprimerie.
Contrôles renforcés avant chaque permis
Le gouvernement affirme vouloir éviter que les problèmes du passé ne se reproduisent. Ainsi, toute nouvelle demande de permis de travail pour un ressortissant bangladais sera désormais soumise à un contrôle de sécurité renforcé par le bureau du Premier ministre avant son approbation.
Le nombre de travailleurs en baisse
Reza Uteem a également indiqué qu’à son arrivée au ministère en novembre 2024, Maurice comptait 10 672 travailleurs bangladais. Ce chiffre est aujourd’hui descendu à 8 975. Le ministre a toutefois insisté sur un point : cette politique ne vise aucune nationalité en particulier. « Le recrutement de travailleurs étrangers est uniquement dicté par les besoins du marché », a-t-il déclaré, affirmant que le gouvernement n’accorde ni préférence ni traitement discriminatoire envers un pays donné.