Une bonne vingtaine de minutes avant le début de la séance du jour, Marie Claire Monty arrive sous très forte escorte policière. Cinq policiers l’encadrent. Pour cause, la députée du MSM est en fauteuil roulant, elle a un plâtre au pied. Deux policiers l’aident à s’installer dans son fauteuil et déposent minutieusement la canne de l’élue à côté d’elle.

Une fois assise, elle raconte sa mésaventure à son voisin de travée, Raj Dayal. Pendant que les deux députés parlent, Eddy Boissézon arrive, une canne à la main. Il s’est défait de son plâtre et regarde en direction de Monty, qui le harangue. «To’nn fann sa ar mwa», plaisante-t-elle.

Le ministre de la Fonction publique va la voir. Il est vite rejoint par d’autres membres du gouvernement qui prennent des nouvelles de l’élue de Port-Louis Nord/Montagne-Longue. Maneesh Gobin, Ivan Collendavelloo, Ravi Rutnah, Alain Aliphon et sir Bhinod Bacha discutent avec elle. Le voisin immédiat de celle-ci, Francisco François, a dû se décaler d’un fauteuil afin de permettre à Marie Claire Monty de s’installer convenablement.

Pendant que Monty et Boissezon partagent leurs histoires de vétérans du plâtre, le Deputy Prime minister et l’Attorney General s’isolent. Pendant leur conciliabule, Ivan Collendavelloo regarde plusieurs fois en direction des travées de l’opposition.

Assis à la place de sir Anerood Jugnauth, pendant que Collendavelloo occupe la sienne, Gobin se lève précipitamment pour laisser le ministre mentor s’asseoir. Ce dernier ne s’intéresse pas vraiment à la conversation des deux hommes. Il écoute distraitement, sans intervenir. Mais ce n’est pas le cas de Bobby Hurreeram. Le Chief Whip se joint à la discussion qui se déroule sur un ton très sérieux entre les trois élus.

C’est à 11h30 que le gros du contingent de l’opposition arrive. Osman Mahomed et Ezra Jhuboo sont, eux, déjà installés depuis quelques minutes. Peu de temps après, le Premier ministre arrive dans l’hémicycle. Il est suivi de quelques pas par Sudhir Sesungkur.

D’habitude, le ministre des Services financiers ne manque pas de faire la conversation à ses voisins. Mais ce mardi, c’est la mine renfrognée qu’il gagne son fauteuil, il n’engage pas la conversation avec Eddy Boissezon, assis pas très loin de lui. Mais l’arrivée de Roubina Jadoo-Jaunbocus change l’atmosphère. Un peu plus décontracté, Sesungkur plaisante avec ses voisins.

Pendant ce temps, Pravind Jugnauth est allé directement à sa place sans s’attarder pour saluer ses voisins ou ses lieutenants. Il consulte ses dossiers avec minutie. La sonnerie du début de séance retentit. Maya Hanoomanjee arrive mais tous les députés de l’opposition restent assis. Alan Ganoo, suspendu pour deux séances depuis la semaine dernière, est absent. Mais c’est aussi le cas de son camarade de parti, Jean Claude Barbier.

Il n’y aura pas de Private Notice Question aujourd’hui. Souffrant d’une gastro, Xavier Duval a dû s’absenter. Ce qui laisse un répit à Sudhir Sesungkur. Car le leader de l’opposition comptait poser sa PNQ sur l’incident durant lequel le ministre aurait giflé un caméraman à un mariage, ce week-end.

On passe donc directement au Prime minister’s Question Time qui se déroule dans un calme plat. Même Ravi Rutnah, le trublion de service, semble assagi, son nœud papillon bien vissé au col. En face, les troupes du PMSD semblent assez démobilisées. En guise de questions supplémentaires, les députés bleus lisent les notes gribouillées sur des feuilles de papier. Certains, comme Guito Lepoigneur, semblent d’ailleurs avoir du mal à lire, ou peut-être à comprendre, la question qu’ils doivent poser.

La séance des questions aux ministres n’est pas plus mouvementée. Maya Hanoomanjee n’aura même pas eu à rappeler de députés à l’ordre. Tout juste a-t-elle refusé gentiment une question supplémentaire, hors sujet, de Rutnah.

A 13h00, après un début de séance plus que bon enfant, la Speaker suspend les travaux pour la pause déjeuner.