Les enfants de milieux défavorisés ont des difficultés d’apprentissage. Mais « ce n’est pas de leur faute », insiste le Dr Jogin Thakore. Psychiatre, celui-ci a animé aujourd’hui une formation à l’intention d’enseignants des zones d’éducation prioritaire (ZEP). Le but : leur faire comprendre les difficultés d’apprentissage de leurs élèves afin de les aider à enseigner autrement, à travers un brain-based educational approach.

Le Senior Lecturer au Royal College Surgeons in Ireland explique ainsi que la pauvreté influe sur le développement des enfants, notamment sur celui du cerveau. Un stress prolongé inhibe ainsi le développement de certaines zones précises du cerveau. Et bloque les enfants dans leur apprentissage. Pour les aider, les enseignants doivent développer d’autres « moyens pédagogiques », comme le souligne Leela Devi Dookun, ministre de l’Education.

Le Dr Jogin Thakore favorise, lui, ce qu’il appelle un fortified learning environment. Celui-ci a des effets bénéfiques sur l’enfant peu importe l’âge de l’enfant à son introduction : moins de risques de troubles mentaux et de devenir délinquant, de meilleures chances pour avoir un emploi. « Surtout, insiste le Dr Thakore, nous pourrons peut-être mettre fin ce cycle de pauvreté générationnel constaté dans tous les pays. » Maurice, note avec enthousiasme le psychiatre, est le premier pays où un gouvernement « soutient l’introduction d’une ‘fortified learning approach’ dans des écoles spécifiques ». Ici, les écoles ZEP.

Au niveau des écoles ZEP, « il y a eu des progrès », explique Leela Devi Dookun. Cela se traduit notamment à travers de meilleurs résultats aux examens du Certificate of Primary Education, plusieurs écoles ayant franchi la barre des 50% de réussite. « Mais on veut faire plus », affirme la ministre. Afin que les enseignants, poursuit-elle, donnent le meilleur d’eux-mêmes et que, par conséquent, leurs élèves en fassent autant. Après tout, c’est la relation enseignant-élève qui pèse le plus dans l’apprentissage, dit le Dr Thakore.