Il pourra respirer un peu mieux jusqu’à lundi. Même si le week-end se passera peut-être sans eau ni électricité. Azam Rujubali a obtenu un ordre interlocutoire de la Cour suprême qui interdit la destruction de sa maison en attendant l’audience prévue lundi après-midi.

Rage, peur, tristesse, désespoir… l’homme en a vu de toutes les couleurs, ce 1er septembre, alors qu’il refusait d’évacuer les lieux avec sa famille. Narrant aux journalistes, aux politiciens et à tous ceux présents à La Butte, aujourd’hui, que des négociations avaient eu lieu le 19 août avec le ministère des Infrastructures publiques. Mais que ses propositions avaient été rejetées.

Durant toute la journée, Rujubali a répété qu’il n’avait pas reçu de compensation. Sa femme, prise d’un malaise, a été transportée d’urgence à l’hôpital ce matin vers 10h, où elle a été admise. Leur fille de 20 ans, qui travaille pour l’entreprise familiale, a tenté de s’opposer avec d’autres proches au déménagement de leurs effets personnels en s’asseyant à même l’asphalte. La police a dépêché un camion pour transporter leurs biens chez des proches. Faisant résistance aux forces de l’ordre qui tentaient de la relever, la fille de Rujubali s’est évanouie et a été évacuée vers l’hôpital Jeetoo dans une 4×4 de la police.

Azam Rujubali était, à ce moment-là, chez l’avoué Kaviraj Bokhoree pour loger une demande urgente pour un ordre intérimaire interdisant la démolition. Cela jusqu’à ce que le Premier ministre, le ministère du Transport et celui du Logement et des Terres s’expliquent devant la juge Teelock, lundi à 13h30.

Entre-temps, la maison des Rujubali était vidée, l’électricité et l’eau coupées, portes démontées. La pelleteuse, mobilisée depuis la matinée à La Butte, est entrée en action vers 15h, s’attaquant d’abord à la clôture. Puis à l’escalier d’extérieur. La machine devait cependant connaître une panne, le câble hydraulique faisant des siennes.

L’ordre intérimaire est tombé en milieu d’après-midi. Azam Rujubali est revenue, copie en main, vers 16h. Ce qui n’a pas empêché la police de vouloir poursuivre la démolition. Une seconde pelleteuse avait, en effet, été dépêchée sur les lieux.

La tension devait monter de plusieurs crans dans la foule amassée autour de la maison. La police, de son côté, a fait comprendre aux journalistes présents et aux Rujubali qu’elle ne faisait qu’exécuter les ordres. Peu après 17h, la police devait finalement annoncer que l’opération de démolition était «gelée pour l’heure». L’officier responsable ayant un coup de fil en ce sens mais ne pouvant garantir que la destruction ne reprendrait pas avant lundi.

A la tombée du jour, Azam Rujubali devait réaffirmer sa détermination à se battre. Rendez-vous lundi en Cour suprême.