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La Private Notice Question, axée sur l’affaire Sobrinho et la Financial Services Commission, a été électrique. Xavier Duval a accusé le ministre Sesungkur d’ingérence dans ce dossier et réclamé sa démission. Ce dernier réaffirme que les médias et l’opposition ont donné dans l’exagération dans cette affaire.

Sudhir Sesungkur le confirme, après des détours : la Financial Services Commission a autorisé les entreprises d’Álvaro Sobrinho à démarrer leurs activités. Le Chief Executive a donné son aval, a-t-il répondu à Xavier Duval qui n’a pas manqué de souligner sa patience jusqu’ici devant les circonlocutions du ministre de la Bonne gouvernance et des Services financiers.

Ce dernier a, en effet, mis en avant le serment de confidentialité auxquels sont soumis les membres du conseil d’administration et le fait que Yandraduth Googoolye, nouveau vice-président de la FSC, est à l’étranger, pour refuser de répondre à la question initiale du leader de l’opposition.

Sudhir Sesungkur s’est aussi référé à la PNQ du 4 avril dernier pour affirmer que les licences des compagnies de Sobrinho n’ont pas été suspendues. «Le communiqué de la FSC est clair», poursuit-il.

«Avez-vous été personnellement impliqué dans la décision du board?» a alors voulu savoir le leader de l’opposition. Prévenant toutefois son interlocuteur : «J’ai la réponse. Alors faites très attention à ce que vous dites.»

Sesungkur n’hésite pas : «Par principe, je n’interfère pas» dans le fonctionnement de la FSC qui est indépendante.

Duval sort alors les armes : un courriel de Ramanaidoo Sokappadu, fonctionnaire «respecté» et qui compte une trentaine d’années d’expérience, à Sesungkur, relève le leader de l’opposition (voir le courriel en fin de texte). Courriel dans lequel le secrétaire du conseil d’administration de la FSC demande au ministre de voir et de commenter des lettres que la FSC envisage d’envoyer.

«Puis-je empêcher quelqu’un de m’envoyer un mail ? Montrez-moi si j’ai répondu», rétorque alors Sesungkur, goguenard. Avant de confirmer réception du courriel. (suite du texte après la vidéo)

Duval ne lâche pas l’affaire et continue d’acculer son adversaire. Soutenant que selon les informations à sa disposition, Dhiren Dabee a refusé de signer la résolution du conseil autorisant les entreprises de Sobrinho à opérer. Or, explique le leader de l’opposition, pour qu’une résolution soit passée, il faut un quorum mais aussi l’unanimité pour soutenir la décision. Il y a, de plus, le rapport «accablant» de Kroll sur Sobrinho.

«Ils sont indépendants. Aurais-je dû intervenir dans le processus ?» s’insurge le ministre. Qui s’empresse des extraits du rapport Kroll. Ce dernier fait état d’«allégations» de blanchiment d’argent, et non de faits avérés, alors qu’en Angola, Sobrinho est bien vu, relève Sesungkur.

La riposte de Duval est cinglante : l’Angola est 164sur 176 pays pour l’Indice de perception de la corruption de Transparency International pour 2016. Sobrinho a une «réputation d’escroc international». Citant les soupçons des autorités portugaises, le gel de ses avoirs d’une valeur de Rs 6,4 milliards par les autorités suisses, ou encore ses quelque 150 comptes dans les banques de ce pays.

«Le gouvernement tente de le protéger, comme en Angola», assène Duval. Sauf que «notre réputation vaut plus que les millions de Sobrinho».

Sesungkur contre-attaque, accusant les médias et l’opposition d’exagération dans l’affaire Sobrinho et, se faisant, de ternir la réputation de Maurice.

«Quatre membres de la FSC ont démissionné à cause de l’ingérence du gouvernement et vous osez mettre cela sur le dos de l’opposition ?» s’emporte Duval. Qui soutient que la nomination de Googoolye à la vice-présidence du board du régulateur s’est faite dans la précipitation un samedi, sans prestation de serment un samedi, afin d’assurer un quorum pour la résolution du conseil. Et que le board ne comprend maintenant que des fonctionnaires, «et pas un membre indépendant».

«Un directeur est un directeur, qu’il soit fonctionnaire ou autre», réplique le ministre, laconique.

Alors que Duval veut savoir où en est l’enquête approfondie requise, le 21 mai, auprès de Kroll, Sesungkur se démène : «Nous ne pouvons retenir les licences indéfiniment. (…) Nous devons poursuivre. Sobrinho est comme n’importe quel autre demandeur.»

Relevant le «nous» – «Lapsus freudien ?» –, le leader de l’opposition assène le coup de grâce : une facture adressée à l’ambassade de Maurice à Paris pour la location de deux Mercedes à Rome pour le compte de Planet Earth Institute. La note s’élève à plus de 13 000 euros.

La dernière intervention de Duval : «Au vu de son ingérence honteuse dans l’affaire Sobrinho, je réclame la démission du ministre.»

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