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Le contre-interrogatoire de Rakesh Gooljaury s’est poursuivi en Cour intermédiaire. Lors de l’audition, l’avocat de la défense Gavin Glover s’est penché sur les différentes dépositions du témoin-clé dans l’affaire Roches-Noires.

Gavin Glover s’est d’abord intéressé aux compagnies de Gooljaury. En réponse à une question de l’avocat, Gooljaury répond qu’il doit «vérifier» s’il est directeur d’une compagnie n’étant pas en receivership à ce jour. «Mo’nn verifie pou ou», lance l’avocat avant de lui demander s’il est bien le directeur de la compagnie Luvoxy. Rakesh Gooljaury répond que non, avant de préciser qu’il l’était en 2015. Glover lui demande alors à qui appartient la compagnie. L’homme d’affaires et Gooljaury réplique qu’il l’a vendue à sa «girlfriend» Farhana Farouk Hossen.

S’intéressant à une invitation que cette dernière a envoyée à la presse, il y a peu, Gavin Glover a voulu savoir qui est le propriétaire du nouveau magasin Women’s Secret. En effet, Farhana Farouk Hossen a convié la presse à l’ouverture de la boutique en mentionnant dans son courriel «notre magasin». Le «notre» se réfère-t-il à Farhana Farouk Hossen et Rakesh Gooljaury ? Serait-il aussi propriétaire du magasin ? Les questions de Glover sont restées sans réponse, Gooljaury affirmant qu’il n’est pas au courant et qu’il n’interfère pas dans les affaires de sa compagne.

L’avocat de la défense est revenu sur la comparution en cour de Gooljaury le 11 avril 2016. Interrogé par son avocat Jacques Panglose ce jour-là, l’homme d’affaires avait affirmé qu’il s’était senti honteux depuis l’affaire Roches-Noires en 2011 vis-à-vis de «sa femme et ses enfants».

Or, lui fait remarquer Glover, dans la demande de divorce entre son ex-femme Anishta Ruggoo et lui, il ne mentionne qu’un seul enfant. L’avocat, qui s’impatiente, demande alors à qui Gooljaury faisait référence. Le témoin répond qu’il pensait alors à son ex-femme et à l’enfant qu’ils ont eu ensemble, et à sa compagne actuelle et à son enfant, qu’il considère comme le sien. Gavin Glover, agacé, lui lance alors: «Ou pe mensionn enn madam ki pa ou madam ek enn zanfan ki pa ou zanfan.»

Poursuivant l’interrogatoire, le Senior Counsel revient sur les explications de Gooljaury quant aux événements du 3 juillet 2011. Ce dernier avait indiqué ce matin, lorsqu’interrogé par l’avocate de la défense, Me Mohana Naidoo, que la police avait emporté un drap taché de sang retrouvé au campement. Glover rafraîchit la mémoire au témoin: lors de sa comparution en 2016, il avait affirmé que Dass Chetty avait caché le drap. L’avocat veut savoir laquelle des deux versions est correcte. Gooljaury réplique que Dass Chetty avait pris le drap mais qu’ensuite la police l’avait emporté. Ce qui provoque des rires dans la salle d’audience.

Autre incohérence selon Gavin Glover, Rakesh Gooljaury n’a mentionné dans aucune de ses dépositions que Navin Ramgoolam lui avait demandé de lui remettre un chèque de Rs 100 000. En réponse, Gooljaury affirme que les policiers ne lui ont jamais posé la question. «Bann move garson-la!» lance Glover, sarcastique.

L’homme de loi s’attaque ensuite à l’appel de Nandanee Soornack que Rakesh Gooljaury dit avoir reçu la nuit des faits, vers 02h00 du matin alors qu’il était chez lui, à St Pierre. Gavin Glover a alors produit les relevés téléphoniques prouvant que Gooljaury était à Lallmatie et non à St Pierre au moment de cet échange. Ces relevés montrent aussi que l’appel ne provenait pas du portable de Soornack ni de la ligne fixe du campement de Roches-Noires. Gooljaury se défend en disant qu’il a reconnu la voix de l’amie de Navin Ramgoolam ce soir-là.

Revenant sur la déposition de Gooljaury faite en mai 2015, Glover affirme que celui-ci aurait dit à la police que l’appel provenait de la ligne fixe du campement. Etait-ce la vérité ? Gooljaury dit pouvoir s’expliquer. Pas satisfait, Glover l’interrompt et reformule trois fois la question, pour obtenir à chaque fois la même réponse. «Lapolis pa’nn poz mwa kestion-la koumsa», rétorque Gooljaury. «Bann polisie-la bann bandi mem sa!» répond un Gavin Glover ironique et visiblement agacé.

Sur le même ton, Glover a interrogé Rakesh Gooljaury sur sa déposition du 4 mars 2016. Gooljaury aurait dit au policier que Navin Ramgoolam lui aurait «proposé» de porter plainte. Sauf que durant son interrogatoire par l’avocate de la poursuite, ce matin, Gooljaury a affirmé avoir été «forcé» de porter plainte, fait ressortir Glover. Le Senior Counsel lui demande alors si c’était une «fausseté». Non, affirme Gooljaury.

L’audition de Rakesh Gooljaury reprendra le 31 juillet 2017, la défense souhaitant contre-vérifier certaines informations.

Présences remarquées

La salle d’audience no 9 était pleine à craquer pour les séances du matin et de l’après-midi. Sur les bancs, des pupilles des avocats présents mais aussi de nombreux fidèles du Parti travailliste, dont les cadres Anil Bachoo et Patrick Assirvaden. Autre présence remarquée: celles de Yusuf Mohamed et de Paul Foo Kune, propriétaire de certaines franchises que détenait Fashion Style, compagnie de Rakesh Gooljaury qui a été placée sous administration judiciaire.

Lors de la reprise des travaux, à 13h30, certains journalistes se sont vu interdire l’accès à la salle de tribunal. Salle bondée, ont fait comprendre les policiers assurant la sécurité, qui ont toutefois laissé passer le journaliste de la MBC. La situation s’est décantée peu après, les journalistes étant finalement autorisés à suivre les travaux.

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