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Port-Louis et Port-Mathurin trouveront-ils finalement un terrain d’entente quant au trésor découvert par deux Mauriciens à Saint-François, à Rodrigues (photo) ? En tout cas, le commissaire à l’Environnement Richard Payendee met en doute la version des deux hommes que c’est de manière «fortuite» qu’ils ont découvert un coffre dans une grotte. Il croit savoir que des chasseurs de trésor étaient sur le site avec des détecteurs de métaux.

S’exprimant à titre «personnel», Richard Payendee avance qu’une enquête doit être ouverte pour déterminer si les Mauriciens n’ont pas mené des recherches dans l’île et s’ils n’ont pas déjà extirpé une partie du trésor. Il considère que ce trésor est un patrimoine de Rodrigues et qu’il doit demeurer sur place, faisant l’impasse par la même occasion le Code civil qui stipule que la moitié doit revenir aux personnes qui en ont fait la découverte, et l’autre moitié à l’Etat mauricien.

Le ministre mentor, sir Anerood Jugnauth, a déjà rappelé au bon souvenir de Richard Payendee, lors de la Journée de la Culture rodriguaise au Centre Nelson Mandela pour la Culture africaine dimanche dernier, que ce sont les lois de la République qui priment sur toute autre considération. «En vertu du Code civil, Rodrigues n’est pas un Etat. L’Assemblée régionale n’est ni plus ni moins qu’une collectivité locale dont la seule responsabilité sera d’octroyer des permis pour des fouilles», avance-t-on à l’hôtel du gouvernement.

Il s’avère également que les Mauriciens ont fini par attirer l’attention de l’hôtel du gouvernement sur cette découverte, le chef commissaire Serge Clair ayant catégoriquement refusé de rencontrer l’un d’eux. Dans un affidavit juré en mai dernier, l’un d’eux explique qu’ils faisaient une randonnée à Rodrigues en août 2018 lorsqu’ils sont tombés sur des marques apparemment faites au burin sur une grosse pierre dans le lit d’une rivière asséchée.

Il explique être revenu sur place cinq mois plus tard pour prendre des photos avant de se faire accompagner par son ami en mars 2019. C’est en trainant sur place qu’ils auraient découvert une cavité dans laquelle se trouvait un coffre, à coté d’un crâne de chèvre, voire des restes d’un poisson. Il met ainsi l’accent sur la découverte «fortuite» tout en citant le Code civil mauricien.

Il s’avère que la grotte s’est affaissée sous l’effet des grosses pluies et que des fouilles doivent être entreprises pour récupérer le coffre. Le ministère de la Défense a déjà donné des directives à la police afin que le site soit placé sous surveillance. Des effectifs de la Special Mobile Force (SMF) y sont postés depuis la semaine dernière pour décourager tout curieux à venir fouiner sur place.

D’autant que les hypothèses fleurissent quant à l’origine du trésor. Il serait celui dissimulé au XVIIIe siècle par le fameux pirate français Olivier Levasseur qui a préféré se faire pendre à l’île sœur plutôt que de restituer les trésors qu’il a accumulés en écumant l’océan Indien. Plus connu sous le nom de «La Buse» à cause de sa rapidité à fondre sur sa proie, il aurait accumulé un butin de diamants, de perles et de vaisselles d’argent valant des dizaines de milliards de roupies.

Né à Calais à la fin du XVIIe siècle, l’ancien corsaire s’était associé un pirate anglais 1721 pour s’emparer de La Vierge du Cap, un riche vaisseau portugais dans le port de Saint-Denis, à l’île sœur. Outre des barres d’or, des bijoux, des cassettes de pierres précieuses, des perles rivières de diamants, de vases sacrés et la crosse d’or de Goa constellée de rubis… Avant qu’il ne soit pendu le 7 juillet 1730, La Buse a lancé à la foule un cryptogramme quant à l’emplacement de son trésor. Six îles ont été explorées sans relâche depuis : Maurice, La Réunion, Frégate et Mahé aux Seychelles, Rodrigues et Sainte-Marie à Madagascar.

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