Il ne fait généralement pas grand cas des constats du Département d’Etat américain sur les mesures prises par le gouvernement mauricien pour contrer la traite des êtres humains. Mais sir Anerood Jugnauth a finalement décidé de prendre le taureau par les cornes. Le ministre mentor a mis un pied un Steering Committee réunissant des partenaires des secteurs concernés pour une meilleure coordination des cas passibles de poursuites sous la Trafficking in Persons Act de 2009.

Dans un document déposé à l’Assemblée nationale en réponse à une interpellation du député mauve Veda Baloomoody le 31 juillet, sir Anerood Jugnauth explique qu’un desk spécial a également été mis sur pied au niveau du Central Criminal Investigation Department (CCID) pour un meilleur partage de renseignements quant à de cas probables de trafic humains. Des enquêtes seront diligentées dans la mesure du possible.

Le Passport and Immigration Office (PIO) va, de son côté, travailler conjointement avec le ministère du Travail pour identifier les employeurs ne respectant pas la loi relative aux ouvriers étrangers. Un plan d’action sera établi alors qu’une base de données sera mise en place avec la collaboration de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et le United Nations Office on Drugs and Crimes (UNODC) pour les besoins d’enquête sur les cas allégués de trafic humains.

Relativement aux critiques du dernier «Trafficking in Persons Report» du Département d’Etat américain, un local est en cours de rénovation pour abriter les victimes de la traite des êtres humains. Une campagne d’affiches sera aussi lancée, tandis que deux numéros de téléphone seront accessibles au niveau de la police et du ministère du Travail pour dénoncer des abus. 500 policiers devront suivre une formation et ils devront collaborer davantage avec le ministère public afin que les affaires ne traînent pas au niveau du judiciaire.

Dans son dernier rapport, Washington déplore que Port-Louis n’a rien entrepris pour empêcher que des employeurs, surtout des Petites et moyennes entreprises, retiennent les passeports des ouvriers étrangers. Les logements mis à la disposition de ces ouvriers et qui s’apparentent à des centres pénitenciers ont été mis à l’index, de même que le manque de coordination entre la police et la poursuite.

Photo d’archives : Des travailleurs bangladais à la Victoria House, siège du ministère du Travail.