Diego Garcia pourrait jouer un rôle central dans les relations entre l’Inde et les Etats-Unis. L’atoll de l’archipel des Chagos qui sert de base militaire et navale aux Américains devrait être mis à la disposition de la marine indienne, suggère le bimensuel géopolitique The National Interest dans sa livraison du 1er juillet. Ce magazine publié par le « Center for the National Interest », anciennement connu comme le Nixon Centre for Peace and Freedom et basé à Washington, explique, sous la plume de Mike E. Rosen, que l’idée de permettre à l’Inde d’utiliser Diego Garcia vise à contrebalancer l’expansion chinoise dans l’océan Indien et le Sud-Est asiatique. Et aussi parce que New-Delhi soutient Maurice dans sa quête de souveraineté devant les Nations unies.

«If the United States could work with Mauritius – ideally in open partnership with the UK and India – to meet the spirit of the original Lancaster agreement to find employment opportunities for former Mauritian Chagos residents, and to create secure access to fisheries, then it may go a long way to assuage some of the political concerns and build trust», fait ressortir The National Interest. «As much as the Indian armed forces wish to build a much closer relationship with their U.S. counterparts, there are other forces within the Indian government, and perhaps the Parliament that are urging a more restrained approach. As Chinese money continues to pour into South Asia, and artificial islands in the South China Sea continue to be militarized, India needs to ask itself whether it has the luxury to stay on the fence much longer», ajoute-t-il.

Le bimensuel relève que l’Inde travaille étroitement sur la question sécuritaire avec les Etats-Unis et qu’elle participe régulièrement aux exercices navals conjoints, dits de Malabar, dans la Baie de Bengale avec la marine américaine et japonaise. Washington, souligne-t-il, doit inviter la marine indienne à mouiller à Diego Garcia, de mettre sur pied un «logistics office» sur place, tout en faisant comprendre à New-Delhi que l’atoll est «critical to the defense of South Asia and that its support in this endeavor is not only desired but essential.» Il y a dix-huit mois, le quotidien indien Hindustan Times avait révélé que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avaient sollicité l’aide du Premier ministre Narendra Modi sur le dossier Chagos.

Il y a un mois, le Financial Chronicle, une publication indienne, allait dans le même sens que le The National Interest. «The difficulties New Delhi is facing with the three traditionally friendly countries (Maurice, les Seychelles et les Maldives quant à l’installation d’une base militaire sur leurs sols : Ndlr) would indicate that India requires more cohesive policies and more careful implementation to make a success of its outreach in the Indian Ocean», indiquait-il.