Tout le monde y a cru. C’était ce samedi, lors d’une conférence de presse, que Navin Ramgoolam aurait dû rendre public le White Paper sur la réforme électorale. L’opposition s’était mise en ordre de bataille pour décortiquer et critiquer ce document, préparé par une équipe composée de Mauriciens et d’experts étrangers et promis à la nation par le Premier ministre depuis plus d’un an.

Le MSM, qui avait décalé sa conférence de presse de samedi 11h à ce jeudi à la même heure, s’est ainsi vite ravisé. La direction du parti a, en effet, choisi de rencontrer la presse toujours ce samedi, mais à 14h. Sans doute afin d’avoir le temps de faire une première lecture des propositions du White Paper et de formuler une critique. Occasion manquée.

Paul Bérenger est, lui, moins pressé par le temps, étant pris par l’assemblée des délégués du MMM d’aujourd’hui et sans doute encore tout joyeux après un heureux événement dans le clan Bérenger, survenu hier.

Néanmoins, ION News a appris que le leader du MMM s’est vu remettre une « advance copy » du rapport ce mercredi. Chose que nie le chef de  l’opposition. « C’est totalement faux », a-t-il affirmé à ION News ce jeudi matin. Faux, en effet. Pour la simple et bonne raison que le rapport à l’heure actuelle n’est toujours pas finalisé. Ce qui est vrai toutefois, c’est que le leader de l’opposition a été régulièrement briefé par le Premier ministre lui-même sur le contenu du White Paper.

Ce qui n’est pas du tout surprenant. Car quelques proches du Premier ministre lui ont suggéré de ne rendre public le rapport que si lui et Paul Bérenger – les deux leaders susceptibles de rassembler une majorité des trois quarts au Parlement – tombent préalablement d’accord sur les propositions fondamentales contenues dans le rapport. Toutefois, accord ou pas, Ramgoolam devrait rendre le rapport sur la réforme électorale public d’ici mardi.

Jusqu’ici, Paul Bérenger a affirmé que la réforme que Ramgoolam proposera sera un « flop ». Sera-t-il toujours du même avis après avoir consulté la version finale du White Paper ? On le saura avec la première réaction officielle du leader de l’opposition à la suite de la publication du rapport.

Ramgoolam avait affirmé, dans son discours du 12 mars, qu’il rendrait public le White Paper avant la rentrée parlementaire de ce mardi 25 mars. Ce qui ne lui laisse donc que deux jours pour le faire. Ceux qui connaissent le modus operandi de Ramgoolam affirment que deux principales raisons le poussent probablement à retarder, jusqu’au dernier moment, la publication du rapport.

D’une part, le Premier ministre souhaiterait effectuer une manœuvre de diversion afin de focaliser l’attention des médias – et, par conséquent, du public – sur le contenu du rapport au lieu de la rentrée parlementaire qui s’annonce chaude. D’autre part, il se peut que Ramgoolam ait écouté le conseil de ceux lui ayant suggéré de ne publier le rapport qu’après en avoir longuement discuté avec le leader de l’opposition et trouvé un terrain d’entente avec lui.

Reste donc le jour de la publication. Le dimanche 18 décembre 2011, tout le monde avait été pris de court par la conférence de presse impromptue de Guy Carcassonne durant laquelle la proposition de réforme électorale du défunt constitutionnaliste français et de son équipe d’experts internationaux avait été présentée à la presse. Et si le dimanche 23 mars 2014 nous réservait la même surprise ?

[Mise à jour à 15h31. Texte modifié pour signifier que le leader de l’opposition n’a effectivement pas reçu le « White Paper ».]