J’ai reçu un commentaire dans mon précédent article qui m’a inspiré pour un nouveau thème très ancré dans la société mauricienne.

Cette personne me parle du cas de sa sœur qui est dans une relation avec un individu d’une différente confession. Leur mère n’acceptait pas le mariage de peur du « qu’en-dira-t-on ». Le « on » définissant la société.

Elle m’a donc demandé ce que je pensais de cette situation mais aussi, si je pourrais moi-même me marier en dehors de ma religion.

Je vais donc lui répondre sans détour.

Depuis mon adolescence, j’ai souvent observé et fréquenté différents groupes sociaux, en termes de classes sociales et de communautés. Et je peux affirmer que ce problème du qu’en-dira-t-on est récurrent et indépendant de la couche sociale.

A cette époque déjà, je pouvais voir ceux qui prenaient le leadership de leurs vies et les autres qui se conformaient à ce que la société voulait qu’ils soient.

Quand on est jeune, on subit beaucoup plus facilement la pression du qu’en-dira-ton ». Notre famille décide de notre filière d’études, nos « amis » nous délaissent si l’on fréquente telle personne, on  se moque de nous si on écoute telle musique, on nous marginalise si on ne fait pas partie d’un groupe catégorisé…

Cette peur de l’exclusion nous conduit souvent à devenir « on » plutôt qu’à être seuls.

Ceci étant dit, il s’agit d’une absurdité totale.

Pourquoi gaspiller notre unique vie en s’adaptant à des gens qui ne veulent pas que nous soyons nous-mêmes ?

Dans ce cas précis, nous parlons de ne pas officialiser une relation avec l’être cher à cause du regard des autres.

L’égocentrisme de la maman domine son authenticité car cette décision est prise par rapport à son image et non au bonheur de son enfant.

Cette situation nous en dit plus sur ses propres peurs, ses croyances et sa perception de la société que sur la réalité des choses. En donnant de l’importance aux autres, elle les laisse entrer dans sa vie et perds son indépendance.

Cette perte de liberté la conduit à devenir follower, au lieu d’être leader de son destin.

Le comble étant que dans la plupart des cas, il s’agit d’une dramatisation excessive de la situation car ces « autres » ont souvent mieux à faire que de juger la vie d’autrui.

Le choix de sa sœur déterminera sa liberté et par extension, son bonheur. Si elle s’approprie les insécurités d’une tierce personne et qu’elle prend une décision à contrecœur, sa vie ne lui appartiendra, momentanément, plus.

Cependant, la société peut défaire les hommes. Il est donc important d’avoir conscience de son impact. Simplement, il ne faut pas que cela freine la création de son propre environnement social pour se sentir soi-même.

Essayez d’explorer la vie en tant qu’humain avant d’être quoi que ce soit d’autre et vous verrez comme les choses sont simples et faciles.

Les croyances sont, pour ma part, quelque chose de très personnel. Bien entendu, je respecte le fait de les inculquer à sa famille. Mais quand il s’agit d’imposer et non d’instruire, nous instaurons la peur au lieu de l’amour, nous appauvrissons au lieu d’enrichir.

Personnellement, j’ai eu la chance d’avoir été élevé dans un milieu ouvert et n’ai jamais vraiment aimé qu’on me mette dans une case communautaire.

Le qu’en-dira-t-on n’a jamais eu sa place dans ma prise de décision d’être oude ne pas être avec une personne.

En définitive, comme le disait ce cher Gandhi : « Nous sommes le changement que nous voulons voir pour le monde. »