Il n’y aura aucun club anglais en quarts de finale de Ligue des champions. Nous sommes bien loin de cette période dorée du football anglais. L’époque des épiques confrontations Liverpool-Chelsea, par exemple. Cette saison est, en effet, la deuxième en trois ans sans club du Royaume en quarts de finale. Si, en 2013, la thèse de l’accident avait été évoquée, elle perd cependant en crédibilité cette année. Force est de constater que cette tendance prend même de l’ampleur. Mais pourquoi ?

Les calendriers surchargés des clubs anglais sont souvent pointés du doigt. Sauf que le nombre de journées aujourd’hui est le même qu’à l’époque où ces clubs régnaient de manière outrancière sur la Ligue des champions. La fatigue est toutefois plus conséquente, les grosses cylindrées n’arrivant plus à mettre leurs joueurs clés au repos lors des coupes domestiques. Les équipes des divisons inférieures se montrent de plus en plus coriaces. L’épuisement est donc à son comble pour ces joueurs qui enchaînent compétition sur compétition, y compris celles avec leur équipe nationale.

Le plus inquiétant, toutefois, est certainement le manque de jeu déployé par Chelsea et Manchester City alors qu’ils trônent en tête de la Premier League. Certains des tombeurs anglais étaient loin d’être attendus, avec le FC Bâle qui a devancé Liverpool en poule alors que l’AS Monaco a éliminé Arsenal. Au fil des dernières années, si le niveau d’ensemble du championnat anglais s’est nettement amélioré, en revanche, celui des équipes en tête a baissé. Certes, la hiérarchie a aussi été bouleversée avec un ‘Big Four’ recomposé, ce qui a eu son influence. N’empêche que le fiasco pour les clubs anglais en Europe, cette année, est presque total car ceux qui étaient en lice en Ligue Europa sont également passés à la trappe. Le seul qui aurait pu tirer son épingle du jeu était Everton. Sauf qu’il s’est fait éjecté hier.

Faut-il pour autant s’inquiéter ? Pas pour l’instant, car la domination de ces équipes anglaises était forcément cyclique, à l’exemple de celle des Italiens ou des Espagnols avant. Aucun club espagnol ne s’était qualifié pour les quarts de finale en 2004, mais l’Espagne a su rebondir par la suite, comme en témoignent les résultats des années précédentes. A l’Angleterre de faire pareil.