« La Cour doit annuler cette condamnation », a déclaré, en Cour suprême, la leading Counsel de Pravind Jugnauth à l’ouverture de son procès en appel. Celui-ci a été condamné à 12 mois de prison, commué en travaux communautaires, pour conflit d’intérêts dans le cadre du rachat par l’Etat de la clinique Medpoint. Pour étayer ses propos, Clare Montgomery s’est livrée, pendant près de deux heures, à un exposé des faits dans lequel elle souligne que le jugement des magistrats Ramsoondar et Neerooa doit être cassé.

Elle note ainsi qu’au moment où Pravind Jugnauth entre en jeu dans les procédures d’acquisition, par l’Etat, de la clinique Medpoint, ce dossier a été discuté à de nombreuses reprises au sein du Conseil des ministres. Et que celui-ci avait déjà avalisé la décision de rachat de la clinique pour le transformer en hôpital gériatrique, et donc de débourser les fonds. Il ne restait plus, dès lors, que les procédures pour le décaissement. Soit une « mesure administrative intervenue en toute fin d’un processus ».

Pour l’avocate britannique, les « conflicting interests » n’ont pu être établis. Que ce soit pour Pravind Jugnauth, alors ministre des Finances, ou pour sa sœur, qui détenait 23% des parts dans la clinique. De plus, Pravind Jugnauth s’était retiré des discussions concernant le rachat de la clinique Medpoint. Durant son procès, poursuit-elle, il n’a pas non plus été interrogé sur ce qu’il savait de sa situation de conflit d’intérêts.

Son client, a argumenté Clare Montgomery, n’a bénéficié ni d’un procès, ni d’une enquête justes et équitables. L’ICAC, a-t-elle déclaré au Chef juge Matadeen et au juge Caunhye, n’a pas confronté Pravind Jugnauth à la charge retenue contre lui, ni aux raisons ayant mené à son arrestation que sa défense juge « illégale ». La Commission anticorruption n’a pas, non plus, poursuit la leading Counsel, interrogé les témoins avancés par son client.

A la reprise de l’audience, à 13h30, on a pu apercevoir en Cour suprême le député PMSD Adrien Duval ainsi que le ministre Anwar Husnoo.

Photo : Clare Montgomery et Raouf Gulbul quittent la salle d’audience de la Cour suprême, au moment de la pause déjeuner.