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A Maurice, la section 11 de la Child Protection Act dispose que : « Notwithstanding any other enactment, where a person exercising a medical or paramedical profession or a member of the staff of a school has the reason to suspect that a child he is examining or who is frequenting the school, as the case may be, has been ill-treated, neglected, abandoned or otherwise exposed to harm, he shall immediately notify the Permanent Secretary. »

Cela signifie que toute suspiscion de violence à l’égard d’un enfant en milieu scolaire doit être signalée à la Child Development Unit, par un appel au 113.

De nombreux cas d’abus sexuels, physiques et psychologiques sont dénoncés ou montrés par les enfants victimes. Certains d’entre eux arrivent à l’école avec des bleus, ayant des difficultés à se mouvoir.

Certains d’entre eux écrivent à leurs enseignants, au directeur d’école. Ecrivent la violence sexuelle ou physique subie. Ecrivent leur intention de mettre fin à leur vie.

On est à Maurice. En 2014. Trop de personnes témoins de ces violences, qui les voient, les entendent, les suspectent choisissent de se taire. Se mettant ainsi hors la loi. Choisissant de protéger les agresseurs.

Quitte à ce que ces enfants victimes y laissent leur vie. Pas seulement suite aux coups reçus, mais aussi à cause des dégâts psychologiques encourus. Selon Turecki en 2010, le risque de suicide est 12 fois plus élevé chez les personnes qui ont été victimes d’abus sexuels et physiques pendant l’enfance. Outre les autres conséquences.

Pourtant, « la parole a valeur d’appel au secours », selon Sabourin (Gabel, 1992). Si un enfant dit être victime d’abus, c’est qu’il souhaite que les abus s’arrêtent.

V. a été violée par son cousin de 16 ans quand elle avait 5 ans. Elle l’a dit. Son enseignante a alerté ses parents. Pas les autorités. Sa mère l’a assommée. Ces abus ont duré des années. Aggravant les conséquences dans sa vie sur le plan physique, psychologique, social et sexuel. Un état de grande souffrance l’a habitée de longues années.

En 2013, elle est adulte et parle de son vécu à deux prêtres qui lui disent de prier pour son agresseur. De lui pardonner. Que le fait de porter ces agressions devant la loi est l’œuvre du démon. Quid de celui d’agresser un enfant ? De l’utiliser pour son plaisir sexuel ? Heureusement que tous ne tiennent pas ce discours !

Toutes les recherches sur les abus sexuels s’accordent à dire que le recours à la loi de la République est capital. Nisse, Guyer et Sabourin écrivent en 2004 que « le traitement judiciaire concourt à la réparation psychique et symbolique de l’enfant ».

Tout abus sexuel est illégal. Il ne doit pas être réglé par les familles ou les institutions.

L’absence de traitement judiciaire est un désaveu de la réalité de l’abus par la famille.

Les parents d’un mineur victime doivent signaler tout abus. C’est leur responsabilité de parents.

Ce n’est pas au mineur victime de choisir de recourir à la loi.

Une ex-victime devenue adulte choisira de porter plainte ou non. Sachant que les bénéfices de ce passage par la loi sont immenses.

Une ex-victime adulte choisira de pardonner à la personne qui a bousillé sa vie en l’agressant sexuellement, seulement si elle le souhaite.

Et après être passée par la colère, étape cruciale dans le mieux-être d’une personne victime d’abus sexuel.

Christina Enevoldsen a été victime d’abus sexuel quand elle était enfant. Elle écrit : « One of the things that hindered my healing for years was the pressure to forgive my abusers. To rush me to forgiveness minimized my abuse, invalidated my feelings and violated my boundaries. I was taught that it was for my benefit, not for my abusers, but it wasn’t for my benefit to be pushed. I needed time to sort through my feelings and then to decide for myself without guilt from outside sources. Every survivor deserves true support instead of being ‘helped’ to conform to someone else’s beliefs. »

Protégeons les enfants en danger.

Signalons les abus commis sur les enfants.

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