Temps difficiles pour les médias d’informations, qui observent une baisse significative de leurs revenus publicitaires. Une certaine inquiétude se fait sentir, notamment au niveau de la presse écrite. « La publicité représente parfois plus de 50% des revenus de certains média», insiste Lindsay Rivière, président du Media Trust.

A l’heure où les annonceurs se réinventent et se tournent vers d’autre supports, les journaux semblent désemparés. Le Media Trust, en collaboration avec l’université de Maurice, a réuni, le 31 mars, annonceurs et médias afin de débattre sur l’avenir de la publicité.

« L’avenir de la publicité : Comment s’adapter aux difficultés ? » C’est sur ce thème qu’ont débattu Cyril Palan, directeur général de Logos, Denis Ithier, directeur général de La Sentinelle, Pria Thacoor, directrice générale de PnP Link, Joël Toussaint, directeur de la boîte de communication Neologik/ Proverbia, et Vino Sookloll, directeur de Cread.

Cette discussion, en présence de journalistes et d’étudiants en communication et information, visait à proposer des pistes de réflexion. Sur le panel, un seul intervenant sur les cinq présents est membre des médias. Ce forum, qui s’est tenu au New Academic Complex de l’université de Maurice, a donc mis en lumière surtout le regard des annonceurs.

Pour Joël Toussaint, vouloir « s’adapter équivaut à mourir ». Il reproche aux médias une certaine passivité. Il ajoute que « l’enjeu est la réactivité et la capacité de développer de nouvelles agilités ». Les intérêts des annonceurs et des médias diffèrent, « leurs rapports sont régis par des intérêts pécuniaires ». Leur relation repose donc sur « un jeu d’influence », selon le directeur de Neologik.

Vino Sookloll s’accorde sur ce raisonnement et soulève le besoin pour la presse de se réinventer. Alors que les supports de diffusion évoluent, la manière de vendre de la publicité reste la même que sur support papier. « Le format de la publicité n’a pas changé », se désole-t-il. Pour le directeur de Cread, le digital ne doit pas être utilisé pour un simulacre de la publicité sur support papier.

Dans l’ensemble, les directeurs d’agences de publicité estiment qu’il revient aux médias de les motiver à publier sur leurs supports. Le directeur général de La Sentinelle, Denis Ithier, rejoint l’avis des annonceurs : « Il y a une crise des plateformes» Il comprend, quant à lui, que « la publicité s’accommodera de supports crédibles », et mise sur une jeunesse adepte des nouvelles technologies.

Les agenciers déplorent toutefois une ʻphobieʼ généralisée du Web. « C’est impossible de continuer sans investir dans le digital », déclare Pria Thacoor. Si la révolution technologique rend impossible la prévision sur le long terme, la directrice générale de PnP Link voit dans le digital un vecteur d’innovation.

Pour Pria Thacoor, un renouvellement est possible sans pour autant viser la disparition du support papier. L’association du « print et du digital », affirme-t-elle, est possible.

Ces perspectives sont, pour l’heure, difficiles à établir concrètement. Les nouvelles technologies transforment constamment les clients et la manière dont ils consomment l’information. Comment anticiper ? Comment adapter les offres en fonction de cela ? Quel modèle publicitaire pour les médias numériques ? A l’heure actuelle, aucune réponse n’est apportée quant à l’avenir des journaux. Mais il semble que pour les publicitaires, la solution repose entièrement sur les épaules des médias.

Photo : Vino Sookloll, Denis Ithier, Cyril Palan, Christina Chan-Meetoo – qui a agi comme modératrice -,  Joël Toussaint et Pria Thacoor.