Le cerveau humain s’adapte à l’utilisation du smartphone. C’est la conclusion d’une étude publiée hier, mardi 23 décembre, dans le magazine Current Biology. Et qui a porté sur l’effet de l’utilisation d’écrans tactiles.

Un groupe de 37 volontaires s’est dévoué à cette expérience, avec 26 d’entre eux des utilisateurs de smartphones à écran tactile et le reste se servant de téléphones plus « classiques ». Pour mesurer l’activité cérébrale, des chercheurs des universités de Zurich et de Fribourg ont eu recours à l’électroencéphalographie (EEG). Les données ainsi récoltées ont permis d’analyser l’activité électrique entre le cerveau et les mains. Et, par conséquent, de dresser une cartographie des régions sollicitées par certaines tâches précises.

Ainsi, les résultats démontrent des différences notables entre utilisateurs de smartphones ou d’appareils classiques. Avec une amplitude plus élevées des signaux lorsqu’on tapote avec le pouce, l’index et le majeur. Un résultat qui semble être directement lié à la fréquence d’utilisation du smartphone. Plus celui-ci était utilisé maintes fois pendant les dix jours précédant l’analyse, plus le signal était marqué.

Les chercheurs, menés par le neuroscientifique Arko Ghosh, pensent que comme pour les violonistes, une activité répétée tend à modifier le cerveau. Celui-ci est malléable et s’adapte aux expériences vécues. En effet, il a été noté que chez ces musiciens, la représentation cérébrale pour les doigts était plus importante que chez les non-musiciens.

A ceci près que les changements au cerveau des violonistes ont été notés après des années de pratique, et sont liés à l’âge d’apprentissage de l’instrument. Ce qui n’est pas le cas pour les smartphones à écran tactile.

Sources : BBC, The Science Times