S’il fallait des preuves scientifiques pour enfin convaincre que toute situation de maltraitance, d’abus est néfaste à toute personne qui en est victime, cela prendra quelques minutes pour visionner cet extrait des résultats de chercheurs de l’Université de Genève. Extrait démontrant que les abus, les traumatismes laissent une trace biologique dans l’ADN des personnes victimes.

Recherche complétant celle Nemeroff, Heim & Pruessner en 2013 mettant en évidence des altérations au cerveau liées à la maltraitance, notamment aux parties liées au « self awareness, self evaluation and emotional regulation ».

Trop de Mauriciens disent encore : « j’ai bien été frappé moi, mais je suis très bien », ou alors « une bonne claque fait bien apprendre », ou « frapper est nécessaire pour bien éduquer », « toujours à dramatiser, je n’ai aucune conséquence des coups reçus, au contraire, je suis bien élevé et solide ».

A ceux qui le pensent et le disent, vous vous trompez !

Toute situation de maltraitance, de violence engendre des conséquences importantes sur les plans physique, psychologique et social de toute personne qui en est victime. De tout enfant en construction.

La violence est une force brutale, visible ou invisible, qu’une personne impose à une autre. Dans le but de faire mal. A quoi sert une claque, une fessée, un coup de règle, de rotin à un enfant ? A quoi cela sert-il de lui tirer les oreilles ? De frapper ses doigts ? De le brûler avec une cigarette ? A part à lui faire mal ? Ou à se défouler pour celui/ celle commettant cet acte ? Se cachant derrière « il a bien mérité », « li’nn fronte » ou « il est trop insolent ».

Personne ne mérite de recevoir un coup. Jamais. Quand les mots font défaut, les actes s’expriment. Il est possible de dire qu’on est en colère, déçu ou triste au lieu d’avoir recours à la violence. Car tout acte précédemment énoncé relève de la violence. Que cette définition dérange ou non. Il n’y a pas de petite claque. La Fondation pour l’Enfance en a fait son slogan de campagne en 2013.

Que la violence soit physique ou psychologique, les conséquences sont multiples.

  • Les conséquences physiques outre les modifications chimiques sur l’ADN et les altérations au cerveau sont souvent cachées sur le corps de l’enfant victime.

Mais pas forcément.

Certains enfants arrivent, à Maurice à l’école sans pouvoir s’asseoir. Sans pouvoir se mouvoir librement tant ils ont été assommés. D’autres ont des traces de coups sur le visage.

enfant battu

Photo : http://www.canstockphoto.fr/photos-images/violence.html

  • La liste des conséquences psychologiques de la violence sur les enfants est exhaustive.

De la peur au manque de confiance en soi et faible estime de soi. Des changements brutaux de comportement ; grande tristesse observée ou dépression ; isolement, grand sentiment de solitude ; régression à l’enfance ; passivité ou agitation et instabilité psychomotrice…

On peut observer aussi une hypervigilance, des crises de larmes sans raison apparente, des cauchemars/insomnies ou angoisses de mort. Des troubles alimentaires ou blessures volontaires sur soi-même, de risques de suicide, 12 fois plus élévé chez les personnes qui ont été victimes d’abus sexuels et physiques pendant l’enfance, selon Turecki en 2010.

Des mécanismes de défense seront mis en place de manière automatique et inconsciente chez les enfants victimes pour se protéger de la souffrance insoutenable ressentie qui fait que l’enfant victime peut se dissocier ou être anesthésié émotionnellement.

OU être sidéré. Sidération « qui empêche de contrôler le stress extrême éprouvé et le cerveau va disjoncter puisqu’il ne parvient pas à moduler la réponse émotionnelle. » Ce qui fait que la victime sidérée ne peut plus réagir, se défendre, crier, s’enfuir. (Dr Muriel Salmona, 2014)

  • Sur le plan social, des comportements agressifs ou provocations, pouvant engendrer un rejet des  Une attitude de repli et isolement ou des fugues peuvent être observées.
  • Au niveau scolaire, un changement de comportement, de l’absentéisme, une agitation et des problèmes disciplinaires. Ou une chute des résultats, échec scolaire/décrochage scolaire (Debarbieux, 2013) peuvent être des effets directs de la violence subie par les enfants.

Toute forme de violence est indélébile.

Qu’on ose questionner les coups reçus ou non.