Les infractions routières sont désormais au nombre de 204. Le Road Traffic (Amendment) Bill a été voté sans amendement vers 23h30, le mardi 24 juillet.

L’une des mesures phares et beaucoup débattue : la réduction du taux d’alcool autorisé au volant, qui passe de 50 à 20 milligrammes par 100 millilitres de sang. Paul Bérenger avait, pour sa part, suggéré que le taux soit rehaussé à 30 mg, par souci pour les femmes. Mais aussi mis en garde contre les «faux positifs» à cause d’un seuil de détection relativement bas.

Les bons mots
«I was expecting a hot chili sort of debate.» – Ravi Rutnah, étonné du ton consensuel des interventions

Le portable aussi est revenu dans les interventions de plusieurs députés : Dan Baboo s’élevant contre les «mauvais piétons» qui marchent téléphones en main. Ou encore Sangeet Fowdar suggérant l’adoption d’un système vidéo «One Task» comme en Australie – soit une caméra fixe qui peut prendre des clichés des chauffeurs affairés sur leurs téléphones au lieu de se concentrer sur la route.

Pour Baboo, tous les amendements votés seront «inutiles» si la police ne s’assure pas qu’ils soient respectés. Pour d’autres, comme Benydin, ce sont les mentalités et le comportement sur les routes – y compris des piétons – qui doivent changer. Le député MSM Bashir Jahangeer s’est, pour sa part, attardé sur l’application concrète de certaines mesures proposées.

Les bons mots
«The ten commandments without Moses is a recipe for disaster» – Arvin Boolell, suivant la conclusion «biblique» de Raffick Sorefan

Il a beaucoup été question de drogue ou, comme s’y est référé Paul Bérenger, de «drunk driving». La situation quant aux drogues est «très sérieuse» à Maurice, a souligné le leader du MMM. Pour qui de nombreux cas d’accidents sont dus à la conduite sous influence de substances, y compris la drogue synthétique. Il faudrait une étude pour en déterminer le nombre, selon le chef des mauves.

Danielle Selvon a même suggéré des tests réguliers en entreprises pour ceux employés comme chauffeurs afin de déterminer s’ils ont pris de l’alcool ou de la drogue.

Les bons mots
«This Bill takes away the small pleasures of life» – Arvin Boolell, déjà nostalgique du verre de bière, de vin, de scotch on the rocks auquel il faudra dire non.

Arvin Boolell avance d’ailleurs que le problème n’est pas l’alcool au volant mais l’effet combiné de la prise de substances illicites. La drogue est «la cause principale» des accidents de la route, a soutenu le député travailliste. Avant de plaider pour la mise en œuvre du National Drug Control Master Plan.

Répondant aux demandes d’éclaircissement de Paul Bérenger, Nando Bodha confirme que l’un des des deux types d’appareils devant servir à la détection de drogues est déjà au pays. Tandis que le second devrait l’être d’ici fin août.

Les bons mots
«None of us is a crusader of moral values (…) If we were to do a test on every one on this late night debate, we know what would be the result» – Arvin Boolell

Les amendements législatifs nécessaires pour permettre de tester les chauffeurs pour la prise de substances illicites – dont le «field impairment testing» mentionné plus tôt par Danielle Selvon – devraient être prêts d’ici la prochaine session parlementaire.

Le ministre des Infrastructures publiques a été rapide dans sa conclusion. Remerciant les divers orateurs pour des «analyses pertinentes» et des «suggestions valables».

Revenant sur les propos de Boolell qui a regretté l’abolition du permis à points, Bodha soutient que le présent système, tout en enlevant le «double jeopardy» des points et des pénalités fixes, est somme toute plus efficace et «plus sévère». Il en veut pour preuve la cinquantaine de chauffeurs dont le permis a sauté depuis l’abolition du permis à points, contre seulement 9 durant les 18 mois que celui-ci était en vigueur.

«On n’empêche pas les gens de boire ni de conduire» mais de faire les deux en même temps, a encore souligné le ministre du Transport. «C’est zéro tolérance.»

L’éducation est la solution, Bodha en est convaincu. Les mesures dissuasives et leur application sont «urgentes».

Les amendes : Ce qui change

Rs 2 500 : excès de vitesse ne dépassant pas 15 km/h.

Rs 5 000 : excès de vitesse de plus de 15 km/h mais ne dépassant pas 25 km/h

Rs 10 000 : excès de vitesse de plus de 25 km/h

Rs 2 000 : conduite tout en regardant une télé ou un autre appareil de projection

Rs 2 000 : conduite (deux-roues et quatre-roues) sans vignette d’assurance

Rs 2 000 : conduite avec plus de quatre phares avant en même temps

Rs 2 000 : si la porte de secours d’un autobus ne fonctionne pas ou n’est pas bien fermée quand le véhicule est en mouvement

Rs 1 000 : si la porte de secours d’un autobus n’est pas pourvue de détecteur électrique, audible et visuel, qui se déclenche lorsque la porte n’est pas bien fermée

Rs 1 500 : si un chauffeur ne s’arrête pas à un passage-piétons

Rs 3 000 : la plaque d’immatriculation n’est pas affichée

Rs 1 000 : non-port du gilet réfléchissant à moto

Rs 1 000 : le triangle n’est pas visible en cas d’accident, de panne ou d’urgence

Rs 3 000 : utilisation du portable au volant

Rs 2 000 : émission de fumée, pour les véhicules roulant au diesel, d’une opacité de plus de 50%

Rs 3 000 : pneus usés

Rs 1 000 : la portière est ouverte alors que le véhicule est en mouvement

Rs 2 000 : tuyau d’échappement modifié

Rs 1 000 : absence d’alarme de recul dans un autobus dont le poids brut ne dépasse pas 3 500 kg

Rs 1 500 : transport d’un passager à moto alors que le deux-roues n’est pas adapté

Rs 500 : transport d’une charge sur le guidon d’un deux-roues

Rs 1 500 : transport de plus d’un passager à moto ou mobylette.

Rs 2 000 : transport des passagers dans le caisson d’un 4×4

Rs 1 000 : conduite d’un véhicule au point mort

Rs 2 000 : non-port de la ceinture de sécurité

Entre Rs 50 000 et Rs 100 000 : conduite alors que le permis (même provisoire) a été suspendu

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