Les discussions lors de la réunion du Conseil des ministres ont pris une tournure inattendue quand Roshi Bhadain lui-même a suggéré de ranger au placard la ville administrative devant être construite non loin d’Ebène. Si sir Anerood Jugnauth, Pravind Jugnauth et d’autres ministres ont tenté de trouver une solution alternative, c’est finalement l’abandon pure et simple du projet qui a été entériné, ce vendredi 5 août.

C’est le rapport de Gérard Sanspeur, le conseiller de Pravind Jugnauth, qui a joué un rôle déterminant dans ce revirement de situation. Notamment son avertissement à l’effet que le débordement, voire la rupture de Bagatelle Dam, situé à proximité de Heritage City, pourrait causer de graves dégâts dans la nouvelle ville administrative.

Nando Bodha ou encore Ivan Collendavelloo sont intervenus. Suggérant tour à tour de changer le lieu d’implantation de Heritage City. Voire, en prenant acte du fait que Roshi Bhadain ne souhaitait plus s’occuper du dossier, d’en confier la gestion à l’entité qui naîtra de la fusion de la State Land Development Company ou la State Property Development Corporation. D’autres, comme le Premier ministre et Pravind Jugnauth, ont suggéré qu’une décision finale soit prise qu’une fois une étude sur la solidité du barrage faite, soit dans deux à trois mois.

Mais Roshi Bhadain a maintenu son intention de ne plus piloter ce projet. Pressé de questions par ses collègues ministres, celui-ci a néanmoins laissé entendre que de puissants lobbys ont été à l’œuvre avant même le discours du Budget du vendredi 29 juillet, afin que le projet Heritage City soit abandonné.

C’est sur Facebook que Gérard Sanspeur a réagi, parlant de Krishna dans le Mahabharat avant de conclure : « It is not a question of right and wrong. It is a question of purpose, and of whether you would be successful within the limitations of the law or not. He did not say what he was doing was right – he knew it was wrong. But what he was trying to achieve was right. That is why he did all this ».