Quand il est question de la vie privée de personnalités, qu’est-ce qui relève de l’intérêt public ? C’est la question qu’aborde le Directeur des poursuites publiques (DPP) dans sa newsletter ce mois-ci. Cela, suivant un récent jugement de la Cour suprême britannique qui maintient une injonction interdisant à la presse de rapporter les relations extraconjugales d’une célébrité.

Celui-ci, estime Ajit Boolell, influencera « sans aucun doute » la jurisprudence à Maurice en l’absence de provision précise pour la protection de vie privée.

Celle-ci est le partenaire d’un grand nom de la pop anglaise et ne souhaite pas que la presse divulgue les détails de ce qui, argue-t-elle, relève de son intimité. Ses avocats ont notamment mis en avant le fait que l’injonction rétablirait son droit à la vie privée ainsi que celui de ses enfants. Ils ont aussi argué que les révélations intimes (« kiss-and-tell stories ») sur son infidélité ne relevaient pas de l’intérêt public, explique Ajit Boolell.

La Cour suprême britannique a statué que si les histoires salaces intéressent quelques membres du public, cela ne relève toutefois pas en soi de l’intérêt public, même si le principal intéressé est connu. Les Law Lords ont ainsi fait ressortir, poursuit Ajit Boolell, que l’intérêt public, « ne peut être réduit à la soif du public pour des informations sur la vie privée des autres », ni à satisfaire le « sensationnalisme ou même le voyeurisme des lecteurs ».

La situation aurait été différente, relève la Cour suprême britannique, si cette affaire avait une portée quelconque sur les fonctions de la personne si elle était titulaire d’une charge publique, ou sur la correction d’une fausse impression qu’elle cultiverait.

Les Law Lords ont aussi attiré l’attention sur le Code de conduite de l’Independent Press Standards Organisation, régulateur des médias en Grande-Bretagne, qui note que toute dérogation au respect de la vie privée doit être justifiée. Quand des enfants sont concernés, le Code stipule que l’intérêt public doit être d’une importance exceptionnelle pour outrepasser les intérêts supérieurs de l’enfant mineur.

Pour le DPP, ce jugement implique que les « standards journalistiques ne peuvent être sacrifiés à l’autel des pressions commerciales pour satisfaire un public de plus en plus intéressé par des potins salaces sur la vie privée des gens ».

Cette 58e édition de la newsletter revient également sur ce qui, selon les lois en vigueur, constitue le délit de « publication of false news ».

Photo d’illustration via Clubic.com