Il ne faut pas que la prison continue à être la cour de miracles. Paul Lam Shang Leen et ses assesseurs, Sam Lauthan et Ravind Domun, recommandent l’interdiction de la cigarette en milieu carcéral. Notamment en vertu des Public Health Regulations et du fait qu’elles servent de monnaie d’échange. «[…] it would be an opportunity for those addicted to tobacco to get purged while serving sentence», indiquent-ils.

L’interdiction de téléphones portables, applicable aux gardiens, dans l’enceinte de la prison est aussi suggérée. Une liste de numéros d’appel que les prisonniers auront l’autorisation de composer devra aussi être de rigueur afin d’éviter qu’ils ne s’engagent dans le trafic de stupéfiants. Quant aux caïds les plus notoires, ils doivent être placés en isolement et leurs cellules placées sous vidéo-surveillance.

Des «jammers» (brouilleurs) dernier-cri devront être acquis, tout comme des chiens renifleurs additionnels. La commission recommande des blocs de WC séparés dans les cours de justice pour les détenus afin d’éviter qu’ils ne retournent à la prison avec de la drogue. Le service de renseignements de la prison, qui a été derrière la saisie des 118 kilos d’héroïne du réseau de Navind Kistnah, devra être mieux équipé et ses informations devront être transmises aux autorités compétentes.

Les auteurs du rapport préconisent également la fouille des haut-gradés de l’administration carcérale par des soldats de la Special Mobile Force (SMF), un simple gardien pouvant avoir des appréhensions à fouiller un supérieur. Et que la SMF soit appelée à escorter des détenus en Cour. Des gardiens devront mener des fouilles dans les cellules des caïds en étant masqués pour préserver leur identité, comme c’est le cas pour les unités anti mafieuses à l’étranger.

Les auteurs du rapport avancent également plusieurs raisons pour qu’une enquête approfondie soit menée sur la gestion des prisons. Une réforme est primordiale afin de mettre un terme aux activités des gardiens corrompus qui sont en train de transformer la prison en «un sanctuaire» pour les trafiquants de drogue.

La commission d’enquête sur la drogue indique avoir reçu des «informations troublantes» sur des hauts gradés de la prison. Certaines formes de protection accordée à des trafiquants notoires, comme le fait que des prisonniers soient permis de se déplacer librement dans plusieurs blocs, ce qui leur permet d’agir comme intermédiaires auprès des caïds notoires, sont dénoncées.

L’utilisation de téléphones portables, notamment de smartphones, par des détenus est soulignée. Certains ont même été saisis dans des cellules d’isolement où des caïds étaient retenus. L’attitude servile de plusieurs hauts gradés de la prison envers des avocats, plus particulièrement ceux qui sont aussi des politiciens, est critiquée.

Plusieurs officiers de la prison ont été interrogés par la commission, tels le Lead Prison Officer Sachiddanand Poye. Les virements sur son compte en banque doivent être soumis à enquête, recommande-t-elle. Elle énumère les noms d’autres gardiens endettés jusqu’au cou ou qui sont des flambeurs impénitents qui peuvent vite devenir des jouets aux mains des caïds emprisonnés. Le mode d’octroi de prêts aux gardiens par la Civil Service Mutual Aid (CSMA) devra être revu pour éviter que ces prêts ne soient pas remboursés par des caïds.

Certains ont à peine quelques roupies sur leurs comptes en banque en début de mois. Les maillons faibles sont fournis en alcool, en argent et même en femmes, selon la commission. Sur ce volet du jeu de hasard et des gains supposés des gardiens, Paul Lam Shang Leen s’attaque à l’avocat Raouf Gulbul, à la page 79. Il lui reproche de n’avoir pas pris des mesures palliatives pour contrer le blanchiment en tant que président de la Gambling Regulatory Authority (GRA) et de la Law Reform Commission (LRC).

La commission estime qu’il est nécessaire de nommer un juge d’applications des peines pour se pencher sur le comportement des prisonniers. Lequel pourra alors les libérer sur parole pour bonne conduite. Il aura aussi pour mission d’exercer un contrôle sur les visites de leurs hommes de loi. Le mode de recrutement des gardiens devra être revu. Ils devront se soumettre à des tests psychologiques, entre autres, et déclarer leurs biens sur une base annuelle aussitôt en poste.

La construction de la prison de Melrose au milieu des champs de canne à sucre pose problème. Des personnes se rendent dans les champs aux alentours pour envoyer des colis de drogue et autres par-dessus ses murs d’enceinte.

Commission of Inquiry on Drug Trafficking Report (2018) by ION News on Scribd