La Chine clone des cochons à l’échelle industrielle. Le Beijing Genometrics Institute (BGI) en produit presque 500  annuellement, faisant de ce complexe le plus grand centre mondial pour clonage animal. Il l’est aussi pour le séquençage des gènes avec 156 appareils à cet effet, contre seulement 30 pour le plus grand centre de séquençage de gènes en Europe.

Le directeur général de la BGI, Wang Jun, explique que les espèces de cochons sont choisies selon qu’elles sont « mignons » ou « délicieux ». « Si c’est bon, il faut pouvoir le séquencer. Il faut savoir quelles sont les gènes de cette espèce », a dit Wang Jun aux journalistes de la BBC. Selon le Dr Yutao Du du BGI, 30 à 50 personnes sont impliquées dans ce procédé chaque jour. En effet, l’institut a préféré remplacer les machines par les humains, appelant cela du « clonage manuel ».

Le processus consiste à endormir la truie et à insérer un embryon via une fibre optique, qui sert aussi localiser l’utérus. Les chances de succès sont de 70 % à 80 %. Le journaliste de la BBC, David Shukman, relate dans son article sa surprise de voir que l’opération se passait dans une atmosphère de routine. Dans une porcherie, relate-t-il, 90 truies sont alignées. Issus du clonage, ces animaux portent aujourd’hui la prochaine génération de cochons clonés !

A cause de la similarité entre leur patrimoine génétique et celui des humains, les cochons servent dans  la recherche médicale. Ainsi, certains spécimens, produits afin d’être plus susceptibles de développer la maladie d’Alzheimer, aideront à trouver un traitement contre cette maladie.

Il faut également, souligne Wang Jun, explorer tous les moyens pour combattre la faim dans le monde. D’ailleurs, la cafétéria de l’institut se sert de produits issus du laboratoire afin de mettre l’accent sur le fait qu’ils peuvent changer la vie.