« En tant que Premier ministre d’un pays démocratique et évoluant au sein d’une alliance, je dois laisser la majorité l’emporter. » Sir Anerood Jugnauth a confirmé, au Parlement aujourd’hui, que le projet Heritage City a été stoppé en raison des nombreuses opinions divergentes sur le sujet.

Le chef du gouvernement s’est dit « triste » de voir ranger au placard ce qui aurait été « l’icône de notre développement futur » et un « modèle d’efficience et de productivité du secteur public ».

Pravind Jugnauth avance, pour sa part, que « c’est un bon projet », certes « pas nouveau ». Mais qui a soulevé « un certain nombre de questions » au moment d’en discuter.

Et de faire un parallèle avec le projet de développement à Highlands. Initié sous le régime MSM-MMM, celui-ci avait été repris par le régime travailliste mais « stoppé à cause de Neotown », a déclaré le Grand argentier. Cela, ajoute-t-il, alors qu’il ne restait qu’à finaliser le choix entre deux maîtres d’ouvrages.

«De grosses commissions»

C’est le projet Metro Express qui héritera de la dotation de Rs 2,7 milliards initialement prévue pour Heritage City. L’Inde y a agréé, a indiqué Pravind Jugnauth durant son summing up des débats budgétaires. L’amendement correspondant sera circulé au Parlement at committee stage.

Il sera également possible pour le gouvernement d’utiliser cette somme « pour financer d’autres projets si le besoin s’en fait sentir », a ajouté le ministre des Finances. « Avec l’accord » de la Grande péninsule, précise-t-il.

Le métro léger aurait été sur les rails dès 1995, a insisté sir Anerood Jugnauth. « Mais il y a eu tellement de critiques de l’opposition, des insinuations que je toucherais de grosses commissions », a déploré le Premier ministre.

Son prédécesseur Navin Ramgoolam, dit-il, a préféré le Bus Rapid Transit System (BRTS). Avec le MSM qui intègre l’alliance en 2010, le métro léger fait un retour, « avec réticence » du côté du leader du Parti travailliste, dit SAJ. Ramgoolam se laissera finalement « séduire » par le BRTS après une mission au Singapour.

Coût revu à la baisse ?

Metro Express n’est de nouveau d’actualité que parce que le projet est « abordable », donc loin des Rs 24,8 milliards estimés sous Ramgoolam. De nouveaux éléments en ce sens lui ont été fournis, dit SAJ, en mars de cette année.

Pravind Jugnauth est, lui aussi, revenu sur l’historique du projet sous Ramgoolam. Révélant les « heures de discussions » à la Clarisse House pour inclure le métro léger au manifeste électoral de l’Alliance de l’Avenir. Et réaffirmant, face aux critiques, qu’il a « toujours cru dans un système de transport moderne ».

Comme le Premier ministre juste avant lui, le ministre des Finances soutient que la population pourra se faire, dans pas longtemps, sa propre opinion en se basant sur les coûts estimés du projet.

La présence de Gérard Sanspeur, à qui Roshi Bhadain a à peine accordé un regard à son arrivée dans l’hémicycle, n’est pas passée inaperçue.