Les méthodes utilisées sur la page du journal Le Matinal étaient déjà décriées par plusieurs Facebookers et bloggeurs qui l’accusaient de faire dans le sensationnalisme et le plagiat parfois. Mais ce lundi, une nouvelle étape semble avoir été franchie.

Tout est parti d’un commentaire d’Atish Ramnarayan posté, comme des dizaines d’autres, sur la page Facebook du Matinal. La semaine dernière, le jeune homme y dépose une annonce matrimoniale, apparemment pour son oncle âgé de 43 ans. Toutefois, le ou les administrateurs de la page Le Matinal retournent l’annonce contre son auteur. Prévenant les utilisatrices de la page Facebook contre celui qu’il(s) considère(nt) comme un prédateur sexuel.

Atish Ramnarayan essaie de se défendre mais c’est peine perdu. Il fait part à plusieurs de ses « friends » de son désarroi par rapport à la tournure des évènements. Car des invectives et moqueries lui pleuvent dessus sur la page Facebook du Matinal. Atteint de drépanocytose (sickle cell anemia), Atish Ramnarayan jouit d’une santé précaire. Or, selon une proche de ce dernier, le stress causé par cet épisode a entraîné une soudaine détérioration de l’état de santé du jeune homme de 28 ans. Admis en clinique, le jeune homme décède ce dimanche.

La proche d’Atish Ramnarayan, postant sur le profil de ce dernier, fait un lien direct entre le décès du jeune homme et le traitement qui lui a été infligé sur la page du Matinal. Ce qui déclenche alors une vague d’indignation sur Facebook. Une page « Anti Matinal » créée vendredi recueille ainsi plusieurs centaines de « likes » en l’espace d’un weekend.

Mais les choses prennent toutefois une tournure délicate. Car les administrateurs de la page Anti Matinal désignent un principal coupable : Akash Callikan, responsable du compte Facebook du Matinal. Les détracteurs de Callikan vont jusqu’à diffuser une photo de lui accompagnée de son adresse mail, de son numéro de portable et de son adresse postale sur la page Anti Matinal.

Face à l’emballement, Akash Callikan se dit « victime d’un coup monté » et affirme avoir reçu des menaces de mort. « Les photos de ma famille et de mon neveu de 3 ans circulent désormais sur Facebook », déplore-t-il. Callikan refuse de révéler l’identité de l’administrateur qui a posté les commentaires par rapport à Atish Ramnarayan. Il confirme toutefois qu’il partage les tâches d’administration de la page Le Matinal avec 3 autres personnes de l’entreprise : un journaliste, un informaticien et un membre de la direction. Depuis l’après-midi de lundi, la page Facebook du Matinal a été désactivée, sur ordre de la direction du journal, révèle Callikan.

Le Matinal, en proie à de graves difficultés financières, vient d’être racheté par un investisseur indien.

[Mise à jour 11/03/14 à 11h] Ce matin Akash Callikan a posté sa version des faits.