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Malgré la petite taille de l’économie mauricienne, le pays a démontré une capacité à surmonter les chocs externes tandis que les autorités ont un bon bilan en matière de gestion de l’économie. C’est le commentaire d’introduction des analystes de l’agence internationale de notation Moody’s dans son dernier annual credit analysis du gouvernement de Maurice, daté du 9 avril.

Maintenant la note Baa1 stable du pays, Moody’s note toutefois que la lourde dette publique et la dépendance de Maurice sur sa «large and complex financial sector» constituent des risques notamment au niveau de la balance des paiements. La note est également maintenue face à des «credit pressures» liées à la possible incapacité du gouvernement à poursuivre efficacement une politique d’assainissement budgétaire ou l’éventualité de nouveaux changements au traité fiscal entre l’Inde et Maurice.

La dernière évaluation de Moody’s note que Maurice fait partie des trois plus petites économies à recevoir la note Baa1. Tout en précisant que son statut de «highly open economy» le place, par contre, à la 5e position des pays les plus ouverts au commerce dans cette catégorie de notation. Maurice est ainsi devancé par la Hongrie, la Slovénie, la Bulgarie et la Thaïlande.

Dans la sous-catégorie de notation Economic Strength, Maurice reçoit l’évaluation «high». Le niveau de richesse de l’économie lui permet d’absorber les chocs externes selon Moody’s. Dont les analystes notent également la politique de restructuration des piliers traditionnels de l’économie et la promotion de nouveaux secteurs d’activités. Ceci explique pourquoi la croissance économique de Maurice a jusqu’ici été supérieure aux autres pays bénéficiant également d’une note Baa. Moody’s estime que cette tendance devrait se maintenir durant les deux prochaines années.

Poursuivant sur les points forts de l’économie locale, Moody’s souligne l’importance de l’industrie du tourisme pour la croissance. Si le secteur avait connu une croissance à deux chiffres en 2014 et 2015, il n’a grandi que de 4,3% en 2018, constate l’agence de notation.

Elle place ainsi le Brexit et le ralentissement de l’économie française comme les principales causes de la performance moindre du secteur. Le rapport identifie également la vulnérabilité au changement climatique comme une des principales menaces pesant sur cette industrie. Même si on note au passage que le gouvernement «has undertaken a number of efforts to enhance infrastructure resiliency to climate-related events».

Moody’s constate aussi les efforts du gouvernement pour consolider son économie. Notamment à travers son «ambitieux» plan d’investissement public dans le transport, le port et l’énergie. Mais aussi à travers la négociation d’accords de commerce avec la Chine et l’Inde.

Le rapport souligne également que Maurice s’est montré flexible à la pression internationale par rapport à son secteur du global business. Notamment en remplaçant son «foreign tax credit system» et en signant plusieurs conventions internationales pour rendre son centre financier plus transparent et imperméable à l’évasion fiscale.

Maurice obtient l’évaluation High(+) en matière d’institutional strength. Toutefois, si Moody’s estime que la gouvernance économique est forte à Maurice, notamment en se basant sur la bonne performance du pays dans le dernier classement Doing Business, les analystes concluent que «public governance is not as strong as economic governance». En pointant notamment du doigt une bureaucratie lourde qui devient un «problematic factor» à la compétitivité de l’économie.

Abordant les faiblesses de Maurice, Moody’s place la forte dette publique comme l’élément pesant le plus lourdement sur la note du pays. Les analystes rappellent d’ailleurs que la dette publique demeure en hausse.

Si dans les indicateurs précédents, Maurice fait bonne figure comparé aux autres pays disposant d’une notation similaire, en matière de dette publique, la performance de Maurice est inférieure à la moyenne. Ainsi, le ratio de la dette publique aussi bien par rapport au produit intérieur brut (PIB) qu’aux revenus du gouvernement est plus élevé à Maurice comparé aux autres pays notés Baa. Le rapport précise toutefois que la structure de la dette publique mitige partiellement le risque.

Moody’s estime, par ailleurs, qu’il sera «very challenging» pour le gouvernement de réussir sa politique d’assainissement budgétaire en cantonnant le déficit budgétaire à 3% du PIB et la dette publique sous la barre des 60% du PIB. Pour arriver à ce résultat, les analystes estiment que le gouvernement privilégiera la réduction du montant de ses projets de développement. Les autres possibilités étant une meilleure collection des revenus fiscaux, la rationalisation des dépenses de l’Etat, la vente de certains de ses actifs et le désinvestissement dans certaines entreprises publiques.

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