Etre femme à Maurice, quelle désolation tellement souvent.

Considération ?

Respect ?

Parité homme/ femme ?

Où ?

Quand ?

Beaucoup trop rare !

Aichah Soogree le souligne bien dans La femme, l’infâme.

Beaucoup trop d’exemples concrets de cette inégalité et manque de considération sont observés et vécus à Maurice au XXIe siècle.

XXI e siècle ?

Oui… on est pourtant bien en 2015.

Une femme doit avoir un accord écrit et signé du conjoint masculin pour avoir recours à une ligature des trompes. De ses trompes. A croire que son corps appartient à son conjoint ! L’homme, lui, prend rendez-vous chez le chirurgien, et choisit de faire une vasectomie. Son épouse en sera informée, ou pas, s’il le décide.

Une femme veut contracter un emprunt bancaire sans aucune garantie impliquant son partenaire. Emprunt remboursé par son propre salaire. Son travail. Tous les documents administratifs sont complets. L’emprunt est validé. Et pourtant, lui sont demandés l’acte de naissance et la carte d’identité de son conjoint masculin. Conjoint à aucun moment impliqué dans cette transaction.

Une femme est rentrée tard de son travail. Son conjoint mécontent l’humilie et la frappe car son dîner n’est pas prêt à temps. Au moment où il décide de manger.

Depuis quand c’est le rôle des femmes uniquement de préparer à manger ?

Ce n’est pas parce que c’est ainsi depuis des générations que c’est la norme.

Et qu’il faut obligatoirement l’accepter.

Une femme se renseigne, puis signe un contrat avec une entreprise spécialisée en éradication de rongeurs, pour son domicile.

Quand elle envoie un courrier de résiliation de contrat après quelques années, le directeur de l’entreprise appelle son conjoint pour avoir des explications.

Situation similaire avec une entreprise de fontaines d’eau potable.

Parce qu’elle est femme, son avis et ses décisions importent-elles moins ?

Même quand elle est le vis-à-vis de ces entreprises ? Et responsable du financement de ces services ?

Une femme dit devoir faire l’amour avec son partenaire car c’est son devoir conjugal !

A croire que tout acte sexuel doit être décidé par un seul des partenaires. Notamment le partenaire masculin.

Et parce qu’elle est femme, elle doit s’y soumettre ?

Certaines publicités actuelles vont tristement dans le même sens, véhiculant la grandeur du coffre de la voiture pour les courses de Madame. Ou alors acceptant la demande en mariage de son partenaire sous réserve qu’il lui achète un ameublement !

Le droit de vote des femmes à Maurice date de 1948.

La parole lui est-elle plus accordée pour autant ?

Son pouvoir décisionnaire est-il plus important pour autant ?

Triste île Maurice pour la femme mauricienne en 2015.

Quel long chemin encore pour ce changement de mentalités.

La Femme est un être humain à part entière. Avec des besoins autres que de faire le ménage, la cuisine ou les courses. Avec des besoins autres qu’un ameublement ou qu’un grand coffre de voiture pour y mettre les courses.

Avec des besoins de respect, de considération, de reconnaissance, d’identité.

Avec le besoin profond d’être valorisée pour ce qu’elle est, pas seulement pour les tâches ménagères ou conjugales qu’elle exécute. Qui lui sont imposées. Et qu’elle ne peut parfois même pas questionner. Par pression sociale, par peur ou par transmission culturelle depuis des décennies.

La femme est dotée d’une immense force pour porter ses enfants, sa famille, la logistique de sa maison, son travail, entre autres.

De grâce, un peu de respect et de considération.

Mesdames, prenez conscience de la merveille que vous êtes.

Qui mérite attention et respect.

Soins et considération.

Qui, en aucun cas, ne peut être réduite à l’exécution des tâches ménagères ou soi-disant devoirs conjugaux.

Ou encore au seul droit de se taire si votre situation de vie ne vous épanouit pas.

Soyons agent de changement dans les situations où nos droits et besoins fondamentaux ne sont pas respectés.