Le ministre des Finances n’en démord pas. Dans un mot amer envoyé en fin de matinée, Xavier Duval revient sur la polémique entre la Banque de Maurice (BoM) et son ministère sur la question des taux d’intérêts. Que le gouverneur de la BoM, Manou Bheenick, aimerait augmenter tandis que les Finances plaident un statu quo, voire une baisse.

D’emblée, Xavier Duval balaie l’argument de la BoM selon lequel l’institution ne s’est pas régulièrement trompée en surestimant le taux de l’inflation. « La BoM a systématiquement surestimé le taux de l’inflation ces dernières années, pas qu’en 2013 », assène Xavier Duval. Ce qui l’amène à suggérer à la BoM de revoir ses méthodes de prévision.

Le communiqué charge davantage la BoM en évoquant sa responsabilité directe dans l’excès de liquidité. Le ministère des Finances déplore ainsi les « messages constant envoyés par la BoM souhaitant une hausse des taux d’intérêts » ou encore les « règles limitant l’emprunt décidées par la BoM ».

Si le ministre des Finances insiste sur le fait qu’il continuera à prêter main forte à la BoM dans ses efforts d’éponger les excès de liquidités dans l’économie, Duval exprime néanmoins son « immediate concern » par rapport à « l’insistance affichée » de Manou Bheenick à rehausser le taux repo. Une attitude contre-productive selon Duval car elle ne produira pas le résultat attendu : cela conduira à une réduction de la demande pour les prêts… augmentant, du coup, l’excès de liquidité, argumente le ministère des finances.

Si Xavier Duval dit accueillir le débat public, il invite indirectement Manou Bheenick à être plus prudent dans ses déclarations « afin de préserver la réputation de notre système financier et ne pas mettre à mal la crédibilité du Comité de politique monétaire ».

Voir aussi: [Diaporama] La guerre des mots entre Duval et Bheenick