Deux Mauriciens domiciliés à La Réunion ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Saint-Denis, vendredi, à 12 et 18 mois d’emprisonnement pour avoir opéré un vaste réseau d’importation de produits dopants via Kuala-Lumpur, Plaisance et Gillot. Avec l’aide du Réunionnais Samuel Lauret, ils fournissaient à des adeptes du culturisme des stéroïdes et des médicaments anabolisants destinés aux chevaux.

Ce sont des douaniers réunionnais qui ont ouvert la boîte de Pandore le 28 juin 2016 en interceptant Wilford Robertson, un Franco-Mauricien, avec 4 500 cachets et 120 flacons de médicaments dissimulés dans le haut-parleur d’une chaîne hi-fi. Il venait de transiter par le Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport (SSRIA) après un voyage en Malaisie.

Cuisiné par les enquêteurs de la brigade des stupéfiants de la gendarmerie, il explique qu’il se rend régulièrement en Malaisie pour s’approvisionner et que les paiements s’effectuaient à travers Western Union. Il dénonce par la même occasion Prakash Dookhy, chauffeur de bus de Saint-Gilles, comme étant le cerveau de ce trafic.

Le chauffeur mauricien a alors donné le nom de Samuel Lauret, un culturiste qui se faisait des marges en revendant la marchandise aux bodybuilders souhaitant participer à des compétitions. Après avoir tenté de s’approvisionner à Maurice, il s’est tourné vers la Malaisie à l’issue d’une recherche intensive sur le web.

Il a aussi prétendu en cour qu’il ignorait que ces produits étaient illicites, mais n’a pu expliquer pourquoi ils avaient été emballés dans des chaînes hi-fi. L’avocat de Samuel Lauret a tenté de le défendre en faisant ressortir qu’il a « succombé à l’envie de sublimer son corps ». Il aura gagné 120 euros dans le trafic et perdu ses compétitions.

Les services de douane réunionnais ont indiqué en cour que ces médicaments ont provoqué des morts en France et que les effets secondaires sont catastrophiques. Alors que le ministère public a requis 15 mois de prison contre lui, Prakash Dookhy en a récolté 18, dont six avec sursis. Wilford Robertson a écopé des 12 mois de prison, dont six mois de sursis, tout comme Samuel Lauret.

Le trio devra également s’acquitter solidairement d’une demande douanière de 24 000 euros, soit l’équivalent de Rs 960 000, rapportent Le Journal de l’île de La Réunion et Le Quotidien de La Réunion.