Noorhossen Ramoly. Son nom a été devant la commission Lam Shang Leen en lien avec Siddick Islam. La commission d’enquête a poursuivi ses travaux, ce lundi 4 décembre, en auditionnant deux proches de l’homme d’affaires, propriétaire d’un magasin de pièces détachées. D’abord son épouse, Zahida Ramoly, puis son partenaire en affaires Ebrahim Khalil Allykhan, également un «camarade d’enfance» du détenu condamné pour trafic de drogue.

Siddick Islam est «l’ami d’enfance» de son mari, déclare Zahida Ramoly. Elle confirme avoir été en contact téléphonique avec le trafiquant de drogue, incarcéré, mais affirme qu’elle ne savait pas que c’était illégal. C’est d’ailleurs à cause de ses nombreux appels aux détenus qu’elle a été convoquée. «Même le soir… plus de 86 minutes» si les appels sont cumulés, note l’assesseur Sam Lauthan.

Zahida Ramoly a aussi rendu visite à Islam en prison. De quoi parlent-ils au téléphone ? «Il demande des nouvelles des enfants», répond le témoin à Paul Lam Shang Leen. Interrogée sur plusieurs numéros de téléphone, elle ne reconnaît que ceux de son mari et le sien : «Mo pa kapte bann nimero bien.» L’un des numéros, qui a passé des appels à des prisonniers, se retrouve sur le compte de l’une des filles des Ramoly, que gèrent ses parents, fait remarquer le président de la commission. Ni son mari, ni elle n’utilisent ce numéro, affirme le témoin.

Interrogé sur les voyages de son mari à Dubayy, elle déclare ne pas connaître la raison de ses déplacements.

Place au second témoin de la journée. Ebrahim Khalil Allykhan est propriétaire d’un «cold storage», repris de son père. Il est aussi un «camarade d’enfance» de Noor Ramoly et son partenaire en affaires. Les profits sont réinvestis dans la boutique de pièces détachées, insiste-t-il face à Lam Shang Leen. Les déclarations à la Mauritius Revenue Authority sont-elle «fausses» ? interroge le président de la commission. Les profits n’y figurent pas, explique-t-il. «Mo pa pran kas», répond Allykhan, qui monte d’un ton. «Se ki travay, mo remet ladan.» Peut-être que la compagnie prête de l’argent ? «Je ne suis pas au courant», déclare-t-il.

Lam Shang Leen n’est pas convaincu par cette réponse. Faisant remarquer qu’étant détenteur de 50% des parts, «ou bizin okouran».

Le témoin reconnaît être en contact avec Siddick Islam. Les deux hommes se parlent au téléphone, «pran nouvel». Il y a aussi ces appels et messages de l’étranger, note Lam Shang Leen. Du Nigeria, de la Somalie, d’Allemagne, de France, d’Afrique du Sud… Allykhan affirme qu’il ne répond pas à ce genre d’appels. Quid de ces 13 échanges avec un numéro de Chine et 15 autres avec un autre du même pays ? Le témoin s’en défend : «Pa mwa sa.» Ou encore les 2appels et messages de Dubayy : «Ou telefone, ou koze, ou pa kone?» insiste Lam Shang Leen. «Je ne sais pas», insiste son interlocuteur.

Allykhan a aussi eu de «longues conversations» et de nombreux échanges avec la Thaïlande, affirme Lam Sham Leen. «Ce n’est pas moi», répète le principal intéressé. Qui, à une question du président de la commission, affirme : «Je trouve cela étonnant, moi aussi.» Même s’il affirme être le seul à utiliser son numéro.

Qu’en est-il des numéros de Grande-Bretagne ? Allykhan converse avec ses neveux et nièces sur WhatsApp. Non, Lam Shang Leen parle de 8 numéros avec qui il y a eu appels, SMS. Un ami qui était venu était venu à Maurice, déclare Allykhan.

Deux numéros français intriguent le président de la commission. Car à la même période, il y a aussi eu contact avec Siddick Islam de ce même numéro. «Je ne me souviens pas», plaide Allykhan. Le même type d’échanges «triangulaires» se répète avec un numéro en Grèce, fait ressortir Sam Lauthan. «C’est comme s’il y avait des instructions», relève l’assesseur.

Lam Shang Leen revient au magasin de pièces détachées, qui ne s’acquitte pas des impôts, fait-il remarquer. Ramoly rachète et revend des voitures, répond-il à Lam Shang Leen. «153 BMW», souligne ce dernier. Il faudrait le demander à Ramoly, rétorque Allykhan : «Mo pa interese ki li aste, vande.» Il s’est contenté d’investir Rs 300 000.

Cette remarque fait sourciller Lam Shang Leen. Qui note que les registres indiquent que le capital est de Rs 50 000 et que les parts du témoin s’élèvent à 250.

Une enquête approfondie sera ouverte suivant ces appels de l’étranger que la commission estime suspects. «Nous avons de nombreuses raisons de croire que vous essayez d’aider des trafiquants», a déclaré l’assesseur Ravind Domun.