Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de l’argent provenant du trafic de drogue, Paul Lam Shang Leen et ses assesseurs invitent le gouvernement à remplacer les billets de banque, plus particulièrement les grosses coupures, pour casser les reins aux personnes chargées de blanchir l’argent des caïds. Ils suggèrent également que les Mauriciens pariant plus de Rs 5 000 aux courses soient forcés à avoir recours aux chèques. Pour les sommes minimales, les bookies pourront effectuer des transactions électroniques. Ceux ayant remportés des gains devront être payés à travers des virements bancaires.

En ce qu’il s’agit des casinos et autres maisons de jeu, elles ne pourront émettre des chèques en échange de jetons. Elles devront établir que les chèques ont été tirés au nom de veux ayant véritablement été devant une machine à sous ou une table de jeu. Au cas contraire, les salariés de ces casinos complices de blanchiment devront être passibles de lourdes peines de prison. Quant aux propriétaires, leurs permis doivent être révoqués sans aucune possibilité de les décrocher de nouveau.

La Commission d’enquête sur la drogue évoque plusieurs formes de blanchiment, tel l’achat de biens immobiliers et de véhicules, faisant état de la nécessité de forcer les Mauriciens à effectuer de telles acquisitions par chèques. Les chèques devront être tirés au nom des notaires pour les biens immobiliers, lesquels ne pourront se cacher devant l’argument que la transaction a été effectuée hors de sa vue.

Elle insiste sur l’ouverture d’une enquête sur les membres du barreau ayant assuré la défense des trafiquants de drogue. Il doit être établi si ces avocats n’ont pas été payés avec le fruit des activités de ces caïds, d’autant plus que leurs clients sont sous le coup d’un «freezing order», un gel de leurs comptes en banque. Elle trouve quand même plausible les explications des avocats Samad Golamaully et Hervé Duval quant aux paiements reçus pour la défense du caïd emprisonné Peroomal Veeren, décrit comme le parrain des parrains du trafic de drogue à Maurice.

La Commission propose également une modification de la loi afin que tout paiement effectué à Maurice soit effectué en monnaie locale. Un contrôle strict des cambistes – «money changers» – est exigé et les banques doivent inviter les clients réclamant des «pre-paid cards» en devises étrangères à fournir des preuves de voyage. Elles devront avertir la police sur des cas suspects. Le Registrar of Compagnies doit, de son côté, signaler aux autorités concernées de tout sur les sociétés ayant un seul actionnaire et dont le bilan financier n’est pas soumis.