Après des semaines de pause, la commission Lam Shang Leen a repris ses travaux avec l’audition d’Andy Victoire. L’ex-juge et ses assesseurs Sam Lauthan et Ravind Kumar Domun ont voulu faire la lumière sur les appels échangés entre l’ex-détenu et un numéro appartenant à Peroomal Veeren.

Selon Andy Victoire, ce numéro était utilisé par son frère, incarcéré jusqu’en janvier 2017 pour une affaire de drogue. Il a affirmé n’avoir jamais parlé à Peroomal Veeren.

Cet argument n’a pas suffi à convaincre Paul Lam Shang Leen. Celui-ci a rappelé que lors de son audition à huis clos, Sanjeev Nunkoo a déclaré qu’Andy Victoire avait remis les Rs 300 000 nécessaires pour payer la caution du trafiquant de drogue Jackson Kamasho.

«Li pe koz manti», a-t-il déclaré à la commission quant aux affirmations de Nunkoo le concernant.

Andy Victoire explique, pour sa part, n’avoir jamais rencontré Nunkoo mais qu’il s’est entretenu avec le père de ce dernier afin de lui remettre de l’argent pour des cigarettes vendues en prison.

Le témoin du jour a été condamné à neuf mois de prison en 2004 pour une affaire de drogue.

«Get sa malsans lor ou la », lâche Lam Shang Leen en évoquant son incarération pour une affaire de drogue, son compte en banque vide sauf en une seule occasion cette année, et les accusations de Nunkoo à son égard. Pour le président de la commission, ces éléments réunis peuvent laisser penser qu’Andy Victoire est impliqué dans le trafic de drogue.

Andy Victoire explique alors qu’il est maçon et que son salaire est versé sur le compte en banque de son épouse Sylvana. A cause de son incarcération qui apparaîtra sur son certificat de caractère, souligne-t-il, il n’a pas de permis d’opérer qui lui permettrait de déclarer ses revenus.

La commission d’enquête s’est intéressée à son épouse Sylvana. Celle-ci dit être propriétaire d’un magasin et d’un snack et voyager régulièrement en Thaïlande pour affaires. Examinant ses relevés de compte et déclarations d’impôts, Paul Lam Shang Leen note des incohérences. Les montants en banque sont supérieurs aux sommes déclarées à la Mauritius Revenue Authority.

Autre incohérence : les dépenses effectuées par Sylvana Victoire quant à ses déplacements en Thaïlande. Comme l’absence des frais de billets d’avion sur les relevés bancaires. Elle explique qu’elle a toujours voyagé par la compagnie Emirates, faisant escale à Dubaï avant de rejoindre Bangkok.

«Certaines femmes vont en voyage en Afrique du Sud ou à Dubaï pour y déposer de l’argent issu de trafic de drogue», remarque Lam Shang Leen. Qui a accordé un délai de 15 jours à Sylvana Victoire pour fournir les documents relatifs à ses dépenses et voyages. Au cas contraire, elle risque un «mauvais rapport», lui explique Lam Shang Leen.