Une nouvelle étude devra être effectuée pour déterminer le nombre de familles éligibles à l’allocation de subsistance introduite dans le Budget 2016-2017.

Selon le registre social établi l’année dernière au niveau de la National Empowerment Foundation (NEF), 13 667 foyers, dont 1 400 à Rodrigues, vivent dans l’extrême pauvreté. Ceux-ci ont des revenus mensuels en dessous du seuil de Rs 6 200 utilisé jusqu’ici.

Ces chiffres doivent cependant être actualisés, explique Pradeep Roopun, en raison du nouveau seuil avancé dans le Budget et d’un mode de calcul différent.

La nouvelle étude démarrera la semaine prochaine à l’île Maurice et en septembre à Rodrigues, a indiqué le ministre de l’Intégration sociale en répondant à la Private Notice Question (PNQ) de ce vendredi 5 août.

Les résultats devraient être compilés et analysés d’ici octobre. Le paiement de l’allocation pourra alors démarrer en décembre de cette année.

«Plus justes»

Le ministre a détaillé les nouveaux seuils de revenu (voir tableau plus bas). Estimant qu’ils sont « plus justes et plus équitables » que le seuil uniforme de Rs 6 200.

Et de préciser que la somme déboursée par la NEF par famille sera égale à la différence entre le seuil fixé et les revenus mensuels. Ainsi, pour une famille de 2 adultes et 2 enfants, le nouveau seuil de revenus est fixé à Rs 8 160. Si le revenu mensuel du foyer est de Rs 4 000, la NEF suppléera les Rs 4 160 restants.

L’allocation de subsistance sera soumise au contrat social liant chaque bénéficiaire à la NEF, qui sera d’ailleurs revu avec le soutien du Programme des Nations unies pour le développement. Celle-ci aura d’ailleurs un rôle important à jouer, a déclaré Roopun, d’où la restructuration qui y sera amorcée, toujours avec l’aide de l’organisme onusien.

D’autres mécanismes

Surpris que Pravind Jugnauth, à qui il avait adressé cette PNQ, n’y ait pas répondu, Paul Bérenger n’a pas caché sa colère devant les apparentes contradictions concernant cette nouvelle allocation. Le Budget fait référence au paiement à « chaque adulte figurant sur le registre social », a-t-il fait remarquer, alors que le ministre parle de paiement aux familles. Qu’en est-il ? a insisté le leader de l’opposition à plusieurs reprises.

« Le seuil est par adulte, a répondu Roopun, le paiement se fait par famille. »

« Shame ! » a lancé plusieurs fois le leader de l’opposition. Arguant que les arguments avancés ne sont que « du bluff ». « Vous faites des promesses et maintenant, il faut attendre une étude ! »

Le député rouge Ritesh Ramphul s’est, lui, inquiété qu’avec le nouveau mode de calcul, des familles démunies ne puissent bénéficier de cette aide sociale.

« Nous visons l’extrême pauvreté », a rétorqué le ministre. Expliquant que les chiffres avancés par le parlementaire travailliste se réfèrent aux familles vivant dans une pauvreté relative. « Pour celles-là, il faudra d’autres mécanismes. »

Les mots qui fâchent

« Bous to l**** ! » Plus qu’agacé par un commentaire du Chief Whip durant la PNQ, Paul Bérenger n’a pas fait dans la dentelle vis-à-vis de Mahen Jhugroo. Immédiatement rappelé à l’ordre par la Speaker, le leader de l’opposition a cependant demandé à Maya Hanoomanjee de répéter les mots qu’elle souhaiter le voir retirer.

Bérenger s’est plié aux ordres de la Speaker. Sans manquer toutefois de lui rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, elle avait déterminé que l’expression « Shut up ! », alors lancée par le Premier ministre était parliamentary. Bérenger a donc balancé cette locution à Jhugroo, avant de se rasseoir.

« Les li koze! », est intervenu Ravi Rutnah, alors que les « Pena rol ! Pena rol ! » fusaient.

Le leader du MMM s’est aussi emporté vis-à-vis de l’Attorney General, insinuant que celui-ci a aidé son collègue de l’Intégration sociale à rédiger sa copie. Ce qui a d’abord provoqué une incompréhension générale du côté de la majorité, puis un brouhaha général dans l’hémicycle et des « Shame ! » railleurs adressés à Bérenger.

Il y avait une pointe de sarcasme chez la Speaker dans sa réponse au leader de l’opposition quand celui-ci a refusé de poser une dernière question, comme c’est l’usage, pour clore cette tranche dédiée à la PNQ.