Présenté à l’Assemblée nationale la semaine dernière, le Road Traffic Amendment Bill a été voté sans amendement ce mardi 5 mai. Les débats, qui ont repris le matin avant que les parlementaires ne passent au vote, ont été l’occasion de noter le consensus dans l’hémicycle sur ce projet de loi et d’entendre quelques suggestions pour son amélioration. Nombre d’entre elles, a déclaré le ministre Bodha, seront pris « on board ».

Bref dans son allocution, Paul Bérenger a noté le « manque de débat outside the House » sur ce projet de loi présenté par Nando Bodha. Aucun expert du transport, aucun professionnel (chauffeurs de taxi, de poids lourds…), déplore le leader de l’opposition, n’a commenté ce texte, certes « très technique ». Et de conseiller au ministre des Infrastructures publiques de « garder l’esprit ouvert », et d’appliquer le n nouveau système de pénalités sur un « trial and error mode ». Cela afin de pouvoir y apporter des modifications si nécessaires.

Paul Bérenger soulignera toutefois qu’il s’attend à d’autres mesures que celles mentionnées dans le bill pour réduire le nombre d’accidents sur nos routes. Les amendements prévoient, entre autres :

– que les speed cameras soient plus visibles,

– des panneaux  indicateurs très en amont pour signaler la présence des caméras,

– le remplacement du permis à points par un cumulative road traffic offences certificate,

– une graduation des amendes pour excès de vitesse,

– la révocation du permis pour ceux trouvés coupables de plus de cinq délits graves sur la route ou dont le permis a été disqualifié par deux fois.

– des cours de réhabilitation pour les repeated traffic offenders.

Nombre de véhicules, a dit Bérenger lors des débats de ce mardi 5 mai, sont dotés de vitres teintées à l’avant, contrairement à ce que dispose la loi. Par ailleurs, assure le leader de l’opposition, aux Etats-Unis, l’usage du portable au volant est la deuxième cause d’accidents. Son point ? Que les vitres teintées à l’avant diminuent les chances de surprendre un contrevenant au volant et au téléphone. « A quoi bon, s’interroge Paul Bérenger, de définir des délits si on ne peut pas les prouver ou faire appliquer la loi ? »

Le ministre Anil Gayan a, lui, souligné la « double peine » infligée par le système du permis à points décrié par des usagers de la route. Tandis que le député Raffick Sorefan a, pour sa part, plaidé pour un système qui combinerait « récompense et punition ». « Penalties, affirme-t-il, n’ont pas d’incidence à long terme. » Raffick Sorefan de se demander également ce qu’il adviendra des cas toujours en Cour pour des délits commis sous l’ancien système. « Les chauffeurs seront-ils soumis à l’amende selon les nouveaux amendements ou leurs délits written off ? »

Le député de La Caverne/Phoenix a aussi suggéré l’adoption d’un Intelligent Speed Assistant pour remplacer les speed cameras dont l’usage, dit-il, devient « obsolète ». Une technologie « smart » qui permet au chauffeur de savoir s’il respecte les limites de vitesse et peut même intervenir sur le véhicule s’il roule trop vite.

Les speed cameras, a relevé Sangeet Fowdar, ont une « faible incidence » sur la réduction du nombre d’accidents. Mais ont contribué « à la trésorerie nationale ». Le député a également noté que le fitness certificate délivré à Maurice est un « joke ».  Et que les unfit vehicles qui sillonnent pourtant nos routes sont des « bombes à retardement ».

Le dernier à intervenir avant que Nando Bodha ne reprenne la parole, Shakeel Mohamed a invité le ministre des Infrastructures publiques à revoir le système  de test de conduite. Il n’est ni logique ni prudent, dit-il, qu’un chauffeur débutant ne soit pas autorisé à apprendre à négocier l’autoroute avec son instructeur. De même, relève-t-il, les tests pour l’obtention du permis sont « simples » comparés à ceux d’autres pays.

Le chef de file du PTr au Parlement a également fait un vibrant plaidoyer en ce qui concerne les mesures touchant les étrangers contrevenant au code de la route à Maurice. Certes, cela relève d’une « noble intention ». Le député rouge remet toutefois en question l’application des sanctions contre les étrangers. Cela, dit-il, parce que Maurice ne dispose d’aucun accord avec d’autres pays sur cette question. Les sanctions prévues pourraient être contestées et renversées en Cour, soutient Shakeel Mohamed.

Le Parlement a été ajourné au mercredi 13 mai.