C’est entourée de ses avocats que la femme d’affaires a parlé à des journalistes mauriciens ayant fait le déplacement jusqu’à Milan, en Italie. Dans un exercice de communication maîtrisée, Nandanee Soornack a donné sa version des faits. Refusant en quelques occasions de répondre à des questions sur sa vie privée ou laissant à ses avocats le soin de parler de ses finances ou de ses entreprises.

Expliquant son départ précipité du pays le 11 décembre 2014, au lendemain des élections générales qui ont porté l’Alliance Lepep au pouvoir, Soornack a produit les billets d’avion ainsi que les bordeaux de dépôt de bagages attestant qu’elle n’a pas voyagé avec 16 valises ni avec Rs 800 millions en liquide.

Si l’ancienne activiste du Parti Travailliste reconnait avoir entretenu une relation intime avec Navin Ramgoolam elle précise toutefois ne maintenir « aucun contact » avec celui-ci. Elle a également refusé de manière répétée de répondre à des questions sur sa fille mais aussi sur les portes que ses relations avec l’ancien Premier ministre a pu lui ouvrir dans les affaires ou les contrats publics.

« Pa akoz mo ti ena enn relasion avek ex premie minis ki mo ti gagn tou lor plato», s’est-elle défendu. Avant de relater son parcours professionnel et préciser « zame monn plant legim. Zame monn vann kotomili. »

Les journalistes sont aussi revenus sur l’affaire Roches-Noires, lui demandant si elle serait prête à répondre à la police mauricienne dans le cadre de l’enquête. Son avocat, Raj Boodhoo est intervenu en affirmant que cette question sera tranchée « sur le moment » avec l’aide de ses avocats. La situation étant, pour l’heure « hypothétique ». Était-elle bien présente au bungalow de Navin Ramgoolam à Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011? « The matter is in court», ont expliqué ses avocats en guise de réponse.

Abordant l’affaire Airway Coffee, l’ancienne patron de l’entreprise affirme que c’est à Rakesh Gooljaury et à elle que le contrat de gestion des restaurants à l’aéroport a été alloué. Suivant toutes les procédures légales, précise-t-elle. Avant de de jurer que c’est Gooljaury qui était en train de « run the show » .

 L’homme d’affaires, anciennement proche de Navin Ramgoolam puis converti en supporter de l’Alliance Lepep, aurait ensuite démissionné après le changement de gouvernement en 2014, précipitant la mise en liquidation de la compagnie. La femme d’affaires estime avoir « sauvé Airway Coffee » face à une « vendetta politique ».

Image: Capture d’écran de TelePlus