La COP21 a été un coup politique réussi. Le monde des affaires se frottent les mains. Les scientifiques ont été à moitié entendus. La société civile n’est pas certaine s’il faut se contenter de  la partie remplie du verre.  Mais Dieu merci, la survie de la planète ne dépend pas des hommes.

Car il y a de quoi désespérer si nous recherchons les retombées concrètes de la COP21. C’est le minimum dénominateur commun qui est ressorti des innombrables compromis. Nous sommes partis pour plus de 2,7oC d’augmentation de température : voilà la vérité que nous refusons d’admettre. Pour atteindre 1,5oC comme l’exige les pays les vulnérables, entre autres, il faudrait logiquement concevoir l’abandon des énergies fossiles avant 2050 partout au monde. Et les émissions doivent ainsi se mettre à diminuer globalement d’ici 2020, même si la croissance décolle en Inde et en Chine particulièrement.

Au paragraphe 20, il est stipulé que ce n’est qu’en 2018 que nous nous y attèlerons. Et même là, les contraintes sous l’article 4.12 ne font pas partie de l’accord de Paris. Pire, les pays responsables du changement climatique ne sont pas légalement obligés de compenser les pertes et dommages aux pays affligés. Ce n’est qu’en 2020 qu’entre en jeu le financement si flou des 100 milliards de dollars annuellement. Qui y contribuera et qui en bénéficiera ? James Hansen, le pionnier de la sensibilisation contre le changement climatique, parle d’une « fraude ».

Dans ce contexte, même si le temps fait défaut, les plus optimistes parleront de « momentum », d’un effet boule-de-neige, de quelque chose qui aurait changé désormais après la COP21. Et pourquoi pas, après tout ne devrait-on pas croire au miracle ? Malgré un prix du pétrole en nette baisse, les énergies renouvelables ne se sont jamais si bien comportées au monde. Osons donc de croire que c’est possible de faire l’impossible.

Au niveau de notre pays, ayons l’audace d’aller vers 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050. Un millier de maires et de responsables de régions ont adopté cette vision à Paris. Rodrigues, Agaléga et les « smart cities » peuvent atteindre cet objectif plus rapidement.  Il nous faut une nouvelle politique énergétique qui porte cette ambition au lieu de se laisser tenter par un « lock-in » LNG qui serait tout aussi pernicieux que celui que représentait le charbon. Créons une synergie entre l’efficacité énergétique et les renouvelables, intégrant systémiquement les secteurs du transport, du bâtiment, de l’industrie cannière, de la gestion intégrée des déchets, de l’économie océanique incluant la perspective d’un co-développement régional.

On nous demande de croire que la COP21 a été un succès. Nous préférons croire que 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050, sinon plus tôt, est un objectif réalisable tout au moins pour notre République. Révoltons-nous pour cela !