Depuis plusieurs semaines, les vols dans les champs du pays se multiplient. Objets de la convoitise des malfrats : bananes, melons, pistaches, chou-fleur… Bref tout y passe. A cela, s’ajoutent l’absence de pluie et de semence et les prix excessifs de certains pesticides et fertilisants. Les petits planteurs passent, en effet, par une phase difficile.

Rien que durant le week-end écoulé, la police a enregistré six cas de vols. Le plus inquiétant, c’est que la plupart de ces voleurs sont des anciens planteurs, des membres de la famille ou des marchands ambulants reconvertis. Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de l’Association des petits planteurs, tire la sonnette d’alarme et déplore le laxisme des autorités concernées. « C’est une tendance à la hausse. Autrefois, c’était des petits voleurs avec pour seul but de trouver de quoi se nourrir. Aujourd’hui, nous assistons non seulement à des vols mais aussi à des actes de vandalisme. Peu après avoir volé, ces malfrats détruisent les plantations et même les semences. Face à cette situation, le petit planteur est impuissant. Il n’a d’autre choix que de tout recommencer », souligne Kreepalloo Sunghoon.

Malgré les plaintes et doléances, la police ne peut faire grand chose. Selon le secrétaire de l’Association des petits planteurs, la police ne peut rien faire vu que les champs sont vastes et que les planteurs ne peuvent pas non plus surveiller leurs exploitations 24h/24 et 7j/7. « Les voleurs travaillent en bandes organisées. Ils arrivent avec des camions et sont dotés d’équipements adéquats pour tout prendre », explique Kreepalloo Sunghoon. Ce dernier est d’avis qu’il devrait y avoir une police agricole afin de veiller à ce que de tels incidents ne se produisent plus. Sauf que malgré les différentes propositions, dit-il, rien n’a été fait pour soulager les planteurs. « Nous avons à maintes reprises demandé la mise sur pied d’une police agricole. Cette instance aurait non seulement aidé à la surveillance des cultures mais aurait fait un suivi de la situation. Avec ces nombreux cas de vols, les petits planteurs n’ont plus confiance en la police et même les autorités », ajoute-t-il.

Ces malfrats volent en grande quantité et ce n’est pas pour leur consommation personnelle. Ils vendent ces légumes à des marchands et sans le savoir le consommateur participe à ce cercle vicieux. D’où la nécessité d’une police agricole pour s’assurer que les légumes mis en vente soient de bonne qualité et proviennent d’un revendeur accrédité. Ces vols peuvent être qualifiés de « raquette », affirme Kreepalloo Sunghoon qui poursuit : « De nos jours, les voleurs prennent carrément les commandes… De plus, cela comporte des risques énormes. Un planteur sait quand il faut faire la récolte, surtout qu’il faut respecter un certain temps après avoir mis des fertilisants et des pesticides, mais pas un voleur. Les consommateurs sont à risque dans cette affaire ».

Face à cette situation, nombreux sont les petits planteurs à avoir abandonné leurs champs. D’autres ne veulent plus risquer leur vie ou risquer de se faire agresser. « La situation est très difficile. Nous avons un ministre de l’Agro-industrie qui est en même temps Attorney General. Il aurait pu changer les lois ou apporter une assistance… Les petits planteurs subissent des pertes immenses », déplore Kreepalloo Sunghoon. Avec ces nombreux vols et un climat difficile, les petits planteurs ont connu une baisse de 40 % de leurs productions annuelles, rappelle le secrétaire de l’Association des petits planteurs. L’absence d’une instance régulatrice est plus que jamais demandée pour aider ces hommes et ces femmes qui cultivent la terre pour se nourrir et nourrir la population.

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